Edouard Louis assigné pour atteinte à la présomption d’innocence et à la vie privée

Joséphine Leroy - 17.03.2016

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Ce vendredi 18 mars, Edouard Louis est assigné, au civil, pour atteinte à la présomption d’innocence et à la vie privée par l’homme qu’il accusait de viol dans son ouvrage Histoire de la violence, paru aux éditions du Seuil en janvier 2016. Son avocat, Emmanuel Pierrat, précise que l'écrivain ne se rendra pas au Palais de Justice. 

 

 

 

« Reda », comme il est appelé dans le livre, exigeait l’inclusion d’un encart dans les exemplaires déjà publiés du roman et une modification en cas de nouvelle édition. S’ajoutaient à cela 50.000 € de dommages et intérêts. 

 

Edouard Louis avait lui-même porté plainte pour l’agression en question. Dans cette dernière, il accusait « Reda » de lui avoir dérobé son portable et son iPad avant de le violer, sous la menace d’une arme. L’enquête n’avait pas évolué jusqu’au rebondissement de la publication du livre. Quatre jours après, « Reda » avait été interpellé pour trafic de stupéfiants. Se trouvant sans papier, l’identification par ADN avait permis de révéler des liens entre l’agression sexuelle d’Edouard Louis. 

 

L’avocat d’Edouard Louis, Emmanuel Pierrat, qualifiait cette plainte de « grotesque », rappelant que des tests ADN avaient confirmé la compatibilité : « C’est l’ADN qui a permis de le retrouver ». Il indique que son client ne se rendra pas au Palais de Justice de Paris ce vendredi 11. Par ailleurs, il s’oppose à ce que la séance se tienne à huis clos, cette condition étant demandée par la défense de « Reda ». Le juge des libertés avait demandé la mise en détention de « Reda », demande que la Cour d’appel avait confirmée. 

 

Edouard Louis n’est pas le seul écrivain attaqué en justice par des personnes se reconnaissant dans un roman. Christine Angot et Marcela Iacub sont passées, elles aussi, devant la justice. Cette dernière avait été condamnée avec l’éditeur Stock, indique l’AFP.