Ego comme X “devait aller vers l'autofinancement”, répond Magelis

Antoine Oury - 05.11.2016

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La maison d'édition indépendante Ego comme X, créée à Angoulême en 1994, a annoncé la cessation de ses activités fin octobre sur son blog. Un des cofondateurs de la maison, Loïc Néhou, évoque « des choix » du Centre du Livre et de la Lecture en Poitou-Charentes et du Pôle Image d'Angoulême qu'il juge dommageables pour sa maison.

 

Couverture du n°7 de la revue Ego comme X

 

 

 

Ce fut un message court, mais concis, que publia Loïc Néhou sur le blog de sa maison d'édition le 24 octobre dernier :

 

« Bon... il est temps d’officialiser les choses : voici 5 ans que je ne me salarie plus (au passage, je ne remercie pas le CENTRE DU LIVRE ET DE LA LECTURE en POITOU-CHARENTES) et 2 ans que j’ai arrêté de publier des livres (je ne remercie plus MAGELIS - POLE IMAGE d’Angoulême), je déclare donc que les ÉDITIONS EGO COMME X cessent désormais leurs activités. »

Loïc NÉHOU

 

 

Contacté par ActuaLitté, le fondateur nous explique qu'il procédera vraisemblablement à la dissolution de l'association, en précisant que les auteurs de la maison récupèreront leurs droits et les ouvrages en stock, tandis que les traductions seront « peut-être soldées ».

 

Il est également revenu, dans un échange par mail, sur les difficultés financières de la maison : « Une subvention de MAGELIS et du CENTRE DU LIVRE m'a permis de me salarier au SMIC pendant 10 ans. Puis brutalement, plus de subvention de ces derniers, je me licencie donc, mais continue à publier des livres, vivant alors du chômage puis de l'ASS [Aide de solidarité spécifique, NdR]. Enfin, baisse de 60 % subite et sans explication de la subvention MAGELIS. Je ne pouvais donc désormais plus publier de livres et repenser à me salarier, comme j'espérais encore pouvoir le faire... »

 

Mis en cause par Loïc Néhou, le Centre du Livre et de la Lecture en Poitou-Charentes a publié un communiqué de presse dans les jours qui ont suivi la publication du billet par Loïc Néhou. Le CLL rappelle ainsi les « nombreuses initiatives » de soutien à la maison : « Attribution du Prix de l’édition en 2009 (achat de livres pour les bibliothèques et réalisation d’une plaquette de promotion distribuée dans tout le réseau professionnel du territoire), auteurs et ouvrages d’ego comme x inclus dans les actions en milieu scolaire et dans les prix coordonnés par le CLL, invitation (acceptée) à participer gracieusement au salon du livre de Paris 2016 ainsi qu’à toutes les journées d’information et de formation professionnelle, film promotionnel (en ligne sur le site)… »

 

Le CLL précise par ailleurs qu'il ne verse pas de subvention, mais conseille l'ex Région Poitou-Charentes quant aux demandes de subventions régionales des éditeurs : « Dans ce cadre, il a été attribué aux éditions ego comme x des subventions régionales depuis 2007 (aide au programme éditorial et aide à l’investissement des maisons d’édition) », souligne la structure.

 

Nous avons tenté de joindre la région, sans succès.

 

Comme le CLL, le Pôle Image d'Angoulême, Magelis, déplore les propos de Loïc Néhou : « Toute l'équipe n'a pas trouvé très fair-play ce genre de phrases », explique Frédéric Cros, directeur, contacté par ActuaLitté. « L'association est soutenue depuis de nombreuses années, avec, depuis 2007, plus de 180.000 € versés à la structure », précise-t-il.

 

Invitation au salons d'Angoulême, de Saint-Malo et de Blois, mise à disposition gratuite d'un lieu de stockage, l'aide apportée à l'association était importante, assure Frédéric Cros. « Nous lui avons toujours dit qu'il devait aller vers l'autofinancement, d'autant plus qu'il touchait auparavant des aides du département. »

 

Concernant les baisses de subvention, le Pôle Image nous explique que celle de 2015 s'explique, car un plus faible volume de livres avait été publié par la maison, avec des titres essentiellement tournés vers la littérature, quand la subvention Magelis concerne la bande dessinée. « En 2016, aucune aide n'a été versée, car aucune demande n'a été déposée », signale Frédéric Cros.