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Egypte: bras de fer entre les libraires francophones et la Coface

Clément Solym - 12.04.2012

Edition - Librairies - Egypte - libraires francophones - suppression


A compter du 9 mai, la suppression des garanties Coface prendra effet, ce qui handicapera un peu plus l'activité des libraires francophones égyptiens.

 

La Coface est un organisme d'assurance et de crédit destiné notamment à soutenir l'activité des entreprise à l'international. Cette décision contraindrait les libraires qui souhaitent se procurer des livres français à régler leurs commandes à l'avance.

 

 

 

Un « couperet »

 

Dans un courrier adressé à leurs partenaires, les libraires francophones du Caire Les Amis du Livre, Livres de France, Oum El Dounia, Renaissance, Francophone, Franco-Egyptienne, Plaisir de Lire et Distri-books, font état d'une situation très difficile. Ils craignent que cette suppression des garanties Coface ne leur fasse mettre la clé sous la porte.

« Le 2l mars 2012, tous les libraires francophones d'Egypte ont reçu un mail de la Centrale de l'Edition leur annonçant la suppression totale des garanties Coface sur l'Egypte, effective pour les libraires à  compter du 9 mai.


Cette décision a été ressentie par les libraires comme le couperet d'une guillotine pour les raisons
suivantes :
- elle intervient un mois avant le début des commandes scolaires qui génèrent plus de 60% du  chiffre d'affaires des libraires ;
- de ce fait, elle oblige les libraires à payer d'avar1ce sur proforma toute commande (transport  inclus) qui sera passée en France après le 9 mai. A 1'arriVée, les libraires devront également  payer comptant les taxes douanières et les frais de dédouanement.

Cela équivaut à une mise à mort du réseau des librairies francophones d'Egypte. »


La Coface pointe la situation économique et politique du pays

 

En raison d'une situation politique complexe, et d'une activité économique fragilisée (le tourisme par exemple, qui concernerait près d'un huitième de la population active, a fortement régressé depuis les soulèvements), la Centrale de l'Edition a informé les libraires que la Coface estimait qu'elle ne pouvait plus maintenir ses garanties. Agnès Debiage dirige la librairie Oum El Doumia au Caire, et estime que les libraires sont pénalisés injustement. « La Coface, en mutualisant les risques, nous pénalise en raison d'impayés enregistrés sur le marché égyptien qui n'ont rien à voir avec les libraires ».

 

Les livres scolaires représenteraient près de 60 % des commandes. Les écoles, précise le courrier envoyé par les libraires, ne valideront jamais commandes avant le 9 mai, et ne pourront pas prendre à leur charge 50 % du prix de ces commandes. « Nous ne vous demandons pas d'argent, mais juste une aide logistique afin de garantir nos commandes, ce qui assurera le suivi de notre activité commerciale et la pérennisation du réseau de libraires francophones », déclarent les libraires du Caire.

 

Par ailleurs, les achats de livres français par les libraires égyptiens sont en baisse de 28,4 % entre 2010 et 2011.