Égypte : le piratage de livres coûte près de 15 millions € aux éditeurs

Clément Solym - 08.10.2018

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La facture chiffre tout de même méchamment : selon l’union égyptienne des éditeurs, la contrefaçon coûterait 300 millions de livres par an (14,58 millions €). Un montant colossal pour les maisons, qui souffrent de la reproduction illégale de leurs ouvrages.


la salle d'Akhenaton (1356-1340 av J.C.) (Musée du Caire)
Jean-Pierre Dalbéra, CC BY 2.0
 

 

Pour la présidente de l’Union, Saead Abdo, « cet acte de contrefaçon porte atteinte à la réputation de l’Égypte à l’étranger, et aux droits tant des éditeurs que des auteurs ». Et pour cause : récemment, 130 ouvrages ont été saisis dans un entrepôt de la ville de Shubra El-Kheima, au nord du Caire. 

 

Des peines trop peu significatives
 

Ce stock de contrefaçon concernait 30 maisons d’édition, avec un tirage de 500 exemplaires pour chaque ouvrage – voire plus dans le cas de best-sellers.

Les actuelles sanctions encourues par les pirates représentent des amendes de moins de 280 €, insuffisantes pour réellement dissuader de se lancer. L’amende peut être doublée, et s’accompagner d’une peine d’emprisonnement, en cas de récidive. Mais, pour la présidente, cela ne constitue en rien un moyen de dissuasion significatif. (via TNPS

 

Mais plus encore, cela ne reflète pas les pertes pour les éditeurs. 

 

La dévaluation et ses conséquences
 

En janvier 2017, ActuaLitté établissait un panorama de l’édition en Égypte, qui venait de subir d'importantes vagues de dévaluations monétaires. Celle opérée en novembre 2016 avait eu des conséquences immédiates pour les libraires, notamment. 

 

« [C]ela entraîne des problèmes financiers évidents : nous ne serons plus en mesure de nous approvisionner en nouveautés. En monnaie nationale, l’achat de livres français a doublé », expliquait alors Agnès Debiage, membre fondatrice de l’Association internationale des libraires francophones (AILF).

 

Égypte : “Les livres en français ne sont
accessibles qu’à une infime minorité”

 

Et de poursuivre : « Pour le public, le prix des livres neufs a déjà doublé. Nous atteignions déjà des prix de 30 % supérieurs au tarif français, mais les salaires, pour les gens d’ici, n’ont pas doublé. Si le stock déjà en librairie ne sera pas concerné, cette situation aura de lourdes conséquences pour les nouvelles importations. »
 

Économie contre niveau de vie 
 

Depuis la révolution égyptienne de 2011, le pouvoir d’achat des habitants avait été douloureusement frappé. En l’espace de quelques années, la dévaluation avait dépassé 100 % de la valeur de la monnaie. 

 

Au cours de l’année passée, le pays a reçu une aide de 12 milliards $ de la part du FMI, permettant d’améliorer les chiffres de l’économie. Mais le niveau de vie n’avait pas vraiment évolué favorablement pour autant. 

 

Le déficit du pays était porté à 12 % du PIB, et si le FMI se réjouissait de ce que l’État était sur une bonne voie, les prix de l’eau potable ou de l’essence avaient littéralement explosé. 

 

Des chiffres de piratage en baisse ?
 

Toutefois, une étude de l’International Intellectual Property Alliance, pour l’année 2006, évaluait les pertes dues au piratage à 31 millions $. 

 

« C’est dans le domaine du livre universitaire que le piratage est le plus important. Dans des matières telles que la médecine, le management et dans une moindre mesure les sciences sociales, les taux de piratage (copies pirates, photocopies et traductions illégales) atteignent 50 à 90 % des exemplaires », relevait alors le BIEF, qui évoquait cette étude. 

 

Et d’ajouter « Le degré de sophistication des photocopieurs permet également de rivaliser en qualité avec les manuels imprimés et il n’est pas rare que les professeurs d’université soient eux-mêmes partie prenante dans ce processus. » 

 

Or, l’autre enjeu était que le piratage dépassait les frontières nationales : « L’Égypte est connue pour exporter sa production piratée vers les pays arabes voisins. De même, les éditeurs égyptiens du secteur privé se plaignent régulièrement de voir sur le marché des copies piratées de leurs ouvrages venus du Liban ou de Syrie. »




Commentaires

Il serait peut-être utile de signaler plus clairement qu'il s'agît ici de piratage de livres PAPIER.

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