Egypte : le salafiste Abdel Moneim El-Chahhat renié par son parti

Clément Solym - 08.12.2011

Edition - International - egypte - elections - litterature


Alors que les islamistes sont en très bonne voie pour remporter le premier tour des élections législatives égyptiennes, le parti salafiste Al Nour, qui a remporté 24,36 % des voix, vient d'annoncer publiquement que l'un de ses membres n'avait plus le droit de s'exprimer en son nom, après des propos choquants concernant l'avenir de la littérature du pays. 

 

Le salafiste Abdel Moneim El-Chahhat avait récemment multiplié les déclarations choquantes, ce que ne lui pardonnera pas son parti, qui a annoncé n'être en aucun cas associé à ses propos et l'interdisant de s'exprimer dans les médias au nom du parti, selon le média égyptien almasryalyoum

 

Protéger la liberté d'expression

 

Abdel Moneim El-Chahhat  avait annoncé l'interdiction de la littérature « non-islamiste », un projet qui ouvrirait la voie à une censure à tout-va de chaque écrit déplaisant au pouvoir. 

 

 

De plus, il s'était attaqué au Nobel de littérature Naguib Mahfouz (1911-2006), accusant ces romans d'encourager au vice en parlant de « drogue et de prostitution », et de promouvoir une « philosophie athée » (notre actualitté). 

 

Pour l'écrivain égyptien Khaled Al Khamissi, auteur de Taxi (Aflame Books, 2008), il ne faut pas prendre les propos d'Abdel Moneim El-Chahhat au sérieux :

 

« C'est un clown médiatique. S'il avait un vrai pouvoir politique et un discours cohérent, ça aurait pu être intéressant, mais il n'est pas crédible. Par exemple, il a répété plusieurs fois que la démocratie et les élections étaient contre la loi coranique alors qu'il s'y présente aujourd'hui. Je ne comprends pas pourquoi on s'intéresse à ces propos. » 

 

Islamisme n'est pas extrémisme

 

Tous les partis islamistes ne sont pas à mettre dans le même panier, a rappelé le porte-parole des Frères musulmans Mahmoud Ghozlane, alors qu'ils sont arrivés en tête des élections. 

 

Après ces résultats, les Frères musulmans, qui se présentent comme « modérés », veulent se démarquer des fondamentalistes, plus intransigeants, qui eux suivent à la lettre les textes religieux et exigent une application de la charia au quotidien.

 

Pour calmer les inquiétudes du monde occidental, les Frères musulmans ont récemment affirmé qu'ils n'avaient pas l'intention de s'en prendre aux libertés des individus ou d'instaurer la charia.

 

Rappelons que les premiers résultats concernant le tiers des gouvernorats d'Égypte. Les résultats définitifs seront annoncés qu'après le 10 janvier, lorsque les élections de l'ensemble des gouvernorats égyptiens auront pris fin.