Egypte : Mohammed Morsi, ou la fin de l'Etat de droit

Clément Solym - 01.07.2013

Edition - International - Egypte - Mohamed Morsi - culture


L'Union des écrivaines et des écrivains québécois vientde communiquer son plein soutien, dans la bataille qui oppose intellectuels et artistes égyptiens au président Mohammed Morsi sur la culture.  Les menaces que fait peser le régime sur la création, et plus largement, la fin de l'Etat de droit, estiment de nombreux Egyptiens, et observateurs internationaux.

 

 

Acocks Green Library, Shirley Road, Acocks Green - Egyptian style door handles

ell brown, CC BY 2.0

 

 

Dans une lettre adressée au président de l'Union des écrivains d'Égypte, Mohamed Salmawy, qui occupe également le poste de secrétaire général de l'Union générale des écrivains arabes, la présidente de l'UNEQ, Danièle Simpson, a tenu à exprimer sa solidarité et son soutien à la lutte qu'il mène pour la liberté d'expression et la démocratie.

Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, le gouvernement dominé par le parti des Frères musulmans a pris des décisions qui font craindre une dérive des grandes institutions culturelles du pays et un nivellement de la liberté d'expression. Les hauts-dirigeants de l'Opéra du Caire, du Centre du Livre et du Centre des Archives ont été limogés au cours des dernières semaines et remplacés par des personnes issues de la mouvance  des Frères musulmans.

« L'UNEQ ne peut rester indifférente aux inquiétudes que ces décisions ont suscitées et tient à joindre sa voix à celle des intellectuels égyptiens pour défendre la liberté de créer et d'exprimer une vision du monde sans contrainte idéologique ou pression des pouvoirs politiques », explique le communiqué.


Dans la foulée du mouvement de protestation en Égypte, des manifestations sont prévues au Caire et dans plusieurs grandes villes incluant Montréal, le dimanche 30 juin, jour du premier anniversaire de l'accession au pouvoir du président Morsi.

 

La résistance n'a pourtant pas cessé : un an après la révolution qui a secoué le pays, et alors que les islamistes démontrent au quotidien le caractère bien tranché de leurs positions à l'encontre de l'expression artistique, l'Égypte voit se multiplier les manifestations de masse, les performances d'art de rue, procès, lettres ouvertes et autres déclarations d'artistes entrés en résistance.

 

Pour autant, l'écrivain Karam Saber, qui s'était sorti d'une première plainte, a pris de plein fouet le changement de régime. Et, deux ans après ses premiers déboires juridiques, l'affaire a rebondi : il a été condamné par le tribunal correctionnel de Beni Suef à cinq ans de prison, ses écrits étant jugés blasphématoires.

 

Bien décidé à faire appel de cette décision, Karam Saber s'interroge face à l'intrusion du religieux et du politique dans l'évaluation de la portée d'une œuvre littéraire. Son recueil de contes a été jugé insultant pour la religion,