Eléctions municipales : l'action poétique au coeur des collectivités

La rédaction - 20.03.2014

Edition - Société - élections municipales - maisons de la poésie - action poétique


La période est politiquement agitée : les observateurs s'interrogent sur le devenir des élections municipales. Les grands partis ont tous placé leurs candidats, et les affiches s'éparpillent, futures feuilles mortes, malvenues alors que le printemps s'approche. Alors que la France se déplacera - ou pas trop - pour voter, la Fédération des Maisons de poésie interpelle l'ensemble des candidats. Plutôt que de placarder des têtes de candidats, ne pourrait-on pas renouer avec des textes plus envoûtants ?

 

 

poésie sur le mur

genevieveromier, CC BY 2.0

 

 

La culture est un sujet qu'aucun élu, aucun candidat ne saurait négliger.

 

Dans l'ensemble des pratiques culturelles, la poésie n'est sans doute pas celle qui mobilise le plus d'attentions et de moyens.

 

Elle joue pourtant un rôle central. La vitalité de la vie poétique d'un pays est l'indice sûr du rapport que ce pays entretient ou non avec sa langue, sa créativité, sa capacité d'imagination.

 

La diffusion élargie de la poésie est une des conditions nécessaires à la bonne santé linguistique de la langue française, son rayonnement en France même et à l'étranger.

 

Rendre (comme nous essayons de le faire quotidiennement) le meilleur de la poésie accessible au plus grand nombre est aussi un enjeu de démocratie, car celaa à voir avec la maîtrise de la langue et le partage de la parole, l'aptitude à s'exprimer, à donner forme à ses émotions, ses pensées, ses espérances.

 

De ce point de vue, le regain de la vie poétique aujourd'hui en France (qui se manifeste par la multiplication des lectures, des festivals, avec des formes et des pratiques diverses) témoigne de ce fait incontestable : la poésie contemporaine en France est vive. Elle a ses lecteurs (en nombre toujours insuffisant), son public (non négligeable) et l'écho qu'elle rencontre, notamment auprès de la jeunesse, montre qu'elle est pour beaucoup un recours indispensable, le lieu et le territoire d'un échange humain véritable, un foyer de la vie sensible et cordiale.

 

Bien sûr, en matière de culture, les responsabilités propres à l'État sont grandes. Et ce qui se fait à ce niveau nous concerne au plus haut point. L'évolution du budget de la culture, l'action publique en faveur du livre et de la lecture, l'aide à l'édition ou à la librairie, ont des effets majeurs sur les conditions de notre activité.

 

Nous nous sommes ainsi mobilisés et sommes intervenus auprès du gouvernement et du Ministère de l'Éducation pour la défense du Printemps des Poètes dont chacun peut mesurer le rôle qu'il joue, nationalement, afin de donner à la poésie le plus grand écho possible.

 

Mais les collectivités locales jouent aussi un rôle essentiel dans la vie de la culture et de la création. Pour nous qui animons des Maisons de la Poésie et des festivals, villes, communautés d'agglomération, départements et régions sont souvent nos premiers interlocuteurs. Or nous souhaitons, dans cette période électorale, attirer l'attention des élu/e/s et futur/e/s élu/e/s sur les dangers qui pèsent sur certains lieux précieux pour la vie poétique. En région, plusieurs Maisons de Poésie sont dans une situation de grande précarité et leur existence peut en être menacée (ainsi à La Rochelle ou Avignon, par exemple).

 

Et en région parisienne, les projets de Métropole et de disparition des départements de la petite couronne à l'horizon 2016 nourrissent notre inquiétude quant à la pérennité de l'action poétique qui s'y mène, avec succès, depuis de nombreuses années.

 

Nous vous invitons donc à faire, dans vos programmes et dans votre action une fois élu/e/, la part qui lui revient à la poésie.

 

Fédération européenne des Maisons de Poésie / Réseau MAIPO