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Elena Ferrante prend la défense de Roberto Saviano

Nicolas Gary - 23.06.2018

Edition - International - Elena Ferrante Italie - Roberto Saviano protection - protection policère Saviano


L’auteure de L’amie prodigieuse, Elena Ferrante, vient prêter main-forte à son confrère Roberto Saviano. Ce dernier est menacé de se voir retirer l’escorte policière qui le protège de la mafia depuis plus d’une dizaine d’années. Difficile à accepter.


MEPs discuss situation in Hungary -  Matteo Salvini (ENF, IT)
European Parliament, CC BY NC ND 2.0
 

 

Leader du mouvement d’extrême-droite italienne, Matteo Salvini est devenu ministre de l’Intérieur par le biais des accords politiques que Cinque Stelle a dû faire. Accepter d’intégrer dans le gouvernement la Lega Nord n’avait rien d’évident. Et voici que l’un des ministères régaliens se retrouve dans les mains du plus représentatif de l’extrême-droite…

 

Elena Ferrante a fait parvenir au Guardian un texte, évoquant son engagement politique — ou plutôt son absence d’engagement public. « Je me suis toujours bornée à participer à des initiatives qui semblaient urgentes et nécessaires pour le bien commun », indique-t-elle. « Mais le plus souvent, je considérais que nos inquiétudes avaient été délibérément exagérées. »

 

Ainsi, l’évolution du mouvement Cinque Stelle, qualifié de populiste, n’avait pas vraiment excité son appétit ni écorné son sens démocratique. « Ce mouvement s’est présenté comme un important réceptacle du mécontentement de masse, engendré par la voie inadéquate, souvent désastreuse — à droite et à gauche, en Italie et en Europe. »

 

Inquiétudes excessives à l’égard de Cinq étoiles ? Elena avoue n’avoir jamais voté pour eux : discours confus, naïf, banal… Mais certainement pas un danger ni pour son pays ni pour l’Europe. « La guerre menée contre Cinq étoiles nous a empêchés de voir que le danger est ailleurs. Je parle de la Ligue de Matteo Salvini, une force politique bien mieux organisée et trompeusement apprivoisée par des années de gouvernements Berlusconi. »

 

À ce titre, elle se méfie de ceux dont Salvini se revendique, du moins accorde crédit : Poutin, Trump, ou encore Marine Le Pen, Viktor Orban et bien d’autres. En accédant au poste de ministre de l’Intérieur, Salvini s’inscrit dans « la pire des traditions politiques italiennes ». Pire, « il est devenu de plus en plus convaincant, se donnant l’apparence d’un bonhomme qui comprend parfaitement les problèmes du peuple et frappe au bon moment de son poing xénophobe et raciste sur la table ».
 

Retirer la protection de Saviano serait “gravissime”
(Antoine Gallimard)

 

Et si Cinque Stelle s’était donné pour mission de préserver la démocratie italienne, les voici avec le pouvoir dans les mains, et les responsabilités qui en découlent. « Le premier de leurs accusateurs, en temps voulu, sera Salvini. » (via Guardian)
 

De son côté, Roberto Saviano qui avait déjà répondu à Salvini, le traitant de pitre dont il n’avait assurément pas peur, s’est lancé dans un plaidoyer diffusé par L’Obs. « Salvini, avec ses menaces, me renvoie à la place qui est la mienne. Je suis comme ses ennemis, je suis l’un d’entre eux, et je suis fier de l’être. […] Il faut retirer au ministre de l’Intérieur, homme sans scrupule et cynique, la possibilité d’armer (littéralement) d’autres mains. »

 




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