Elfried Jelinek plaide pour les Pussy Riot à la tribune de Libération

Clément Solym - 05.09.2012

Edition - Justice - Elfried Jelinekde - Pussy Riot - Boris Akounine


Dans une tribune publiée hier par Libération, Elfried Jelinek, prix Nobel 2004 de littérature, a exprimé son soutien aux trois activistes des Pussy Riot. L'Autrichienne ne pouvait pas garder le silence et passer l'éponge sur la récente condamnation par la cour du district de Khamovnichesky (voir notre actualitte).

 

 

Pussy Riot Superheroes Freeze Flashmob

 

 

Le plaidoyer s'intitule Pussy Riot : Chanter, danser, crier, il défend Nadeja Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch, (30 ans), et Maria Alekhina, (24 ans), condamnées à deux ans de séjour dans les camps russes, pour « Hooliganisme et incitation à la haine religieuse » d'après l'AFP. Cela après avoir chanté en février, une prière punk dans une cathédrale de Moscou, qui demandait à la Sainte-Vierge de chasser le président Poutine, et qui ne devait pas être suffisamment fervente.

Pour Elfried Jelinek, cette peine est le présage d'une Russie « enfermée ». « Je me suis longtemps demandé comment je pourrais me déclarer solidaire des Pussy Riot. J'ai même écrit un petit texte que je voulais mettre sur mon site, avec une photo de moi, la bouche couverte d'un sparadrap ou un sac en papier sur la tête. » précise l'auteure. De nouveau engagée, elle avait pourtant laissé l'activisme de côté depuis 1996 : « l'actionnisme n'est pas (n'est plus) mon truc [...] », admet-elle.

Cette fois, impossible de faire comme si rien ne s'était passé : « La piste de danse où qu'elle se trouve - et elle peut se trouver partout, elle le doit d'ailleurs ! - est fermée », assure, assez sibylline, voire incompréhensible, la Nobel littérature. Un couvercle est posé sur l'âme russe qui désirait s'envoler. Pour l'auteur de La pianiste, adapté au cinéma par Michael Haneke, c'est une autre danse qui balaye toutes les autres : une marche au pas.


Et bientôt la marche funèbre ? Pour le droit de protester, on l'entend déjà en bruit de fond, même si Elfried rappelle encore que « [...] toute protestation qui se dresse contre l'atteinte aux droits fondamentaux est un devoir, non un droit ». Elle s'était surtout retirée de la vie publique depuis que le politicien d'extrême droite Jörg Haider avait qualifié son art de « dégénéré ». Un art dégénéré dont quelques traductions ont été publiées par la maison Seuil, qui a notamment édité l'ouvrage Winterreise en 2012. La maison Verdier a par ailleurs publié Restoroute et animaux. Mais cette fois, ce n'est pas un pantin politicien qui lui coupera l'envie de défendre les poupées russes. 

Boris Akounine avait également protesté contre le verdict glaçant (voir notre actualitté) ainsi que la ministre de la Culture française : « C'est avec la plus grande consternation que la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, apprend la condamnation à deux ans de camp des trois jeunes femmes membres du groupe punk rock Pussy Riot, Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina. »

 




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