Elfriede Jelinek apporte son soutien aux sans-papiers africains

Julien Helmlinger - 17.06.2014

Edition - International - Sans-papiers africains - Lampedusa - Elfriede Jelinek


Depuis le printemps 2013, quelque 300 sans-papiers africains ayant transité par l'île italienne de Lampedusa se sont réfugiés dans le port de Hambourg où ils attendent de voir leurs situations régularisées. Le Prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek et le réalisateur allemand Fatih Akin ont manifesté leur soutien en leur faveur, ce lundi, à renfort d'une pétition signée par des artistes, intellectuels et autres associations caritatives. Leur mot d'ordre : « Nous sommes unis autour d'une conviction, à savoir que ces personnes ont droit à un avenir : un avenir ici, dans cette ville. »

 

 

 

CC by 2.0 par noborder network

 

 

Comme le rapporte l'AFP, ces sans-papiers africains proviennent notamment du Ghana, du Mali, de Côte d'Ivoire ou encore du Cameroun et travaillaient en Libye avant la chute du régime Kadhafi. En 2011 ils ont été expulsés du territoire libyen, parce que considérés comme des soutiens de la dictature du Colonel. Ils se sont finalement réfugiés dans le grand port allemand après être passés par Lampedusa et deux années en camps de réfugiés italiens.


Ils ont rejoint Hambourg en mars 2013 où certains d'entre eux ont trouvé refuge dans une église, mais où ils se retrouvent SDF. Une situation précaire qui les a conduits à réclamer l'octroi collectif de permis de séjour que la ville de Hambourg n'accorde pas pour l'heure. Invoquant des décisions européennes, prévoyant que la charge d'examiner les demandes d'asile revient au pays d'entrée, la municipalité estime que la décision concerne l'Italie.

 

Le groupe de sans-papiers dénommé Lampedusa à Hambourg, a organisé de nombreuses manifestations, et les images de certains d'entre eux dormant à même le sol, dans l'église St-Paul transformée en camp d'accueil ne laissent pas toujours le public indifférent. Le réalisateur allemand d'origine turque Fatih Akin, a remporté l'Ours d'or de la Berlinale en 2004 avec Head on, ainsi que l'Autrichienne Elfriede Jelinek, qui a remporté le Prix Nobel de littérature en 2004, notamment.

 

Face à cette précarité, leur pétition rappelle que l'Europe « dépense des millions d'euros à militariser ses frontières, elle investit massivement dans des opérations de push-back, des drones, des surveillances satellitaires, des réseaux informatiques, dans de la bureaucratie et des forces de sécurité ».