Elie Arié, les pieds dans le tapis (rouge) du livre numérique

Clément Solym - 02.09.2011

Edition - Société - livre - numerique - gratuité


Il aurait été éditeur, on l'aurait appelé Jean-Marc Roberts. Or, Elie Arié est simplement un réactionnaire bien campé sur des positions intenables. Mais comme faisait dire Rostand à Cyrano, on ne se bat pas dans l'espoir du succès, non, non, non, c'est bien plus beau quand ça ne sert à rien.

Sauf que la tribune publiée par Marianne2 manque cruellement du panache qui caractérise ce héros au grand nez. Déplorant que le Figaro ne soit plus à sa bonne droite, ou que « communiste » ne s'applique plus aussi bien à l'Humanité qu'à l'époque d'Aragon, le sieur Arié est contre.

Eh bien allons donc contre-Arié l'importun.

Voilà donc ce qu'il envisage de l'avenir de la presse :
La fin du choc des idéologies a aujourd’hui répondu à cette question par l’affirmative et banalisé le phénomène : n’importe quel journaliste de la presse écrite, parlée ou télévisée passe indifféremment, du jour au lendemain d’un organe d’information à un autre, sans que la « ligne» de celui qu’il quitte ou de celui qui l’accueille en souffrent, dans un chassé-croisé permanent au rythme de plus en plus endiablé.
Mais quand le bonhomme s'attaque au livre numérique, à la gratuité présente, la force d'internet, on se gratte une tempe circonspecte. Ce même Arié, rappelons-le, qui défendait ardemment les laboratoires pharmaceutiques, quand régnait la peur de la grippe H1N1. (voir Marianne2, toujours)

Papier... s'il vous plait

C'est que, puisque la presse fout le camp, et que plus rien n'est à sa place, Elie Arié, se retranche donc vers les livres politiques, qui, du moins l'espère-t-il, « resteront, comme derniers refuges de la pensée ». Livres politiques, dont des armées de nègres s'emploient à remplir les pages, sans que leur soi-disant auteur n'ait d'autre envie que celle de contenter son ego. Plongez en librairie, vous comprendrez de quoi on parle...

Par bonheur, ce ne sont pas les livres sur la santé que défend M. Arié. On aurait pu s'y attendre, étant donné que dans le domaine, la production de l'intéressé est abondante.

My ebook is Rich

Mais même ces livres politiques pourraient ne plus être le bastion de la pensée, explique-t-il, parce que « malheureusement, tout laisse à penser que le livre numérique remplacera progressivement le livre-papier ; et que, tout comme les articles des sites Internet des grands organes d’information, il sera de plus en plus envahi de vidéos ».

Dieu du ciel ! Doux Jésus ! Des vidéos dans des livres ! Mais c'est les politiques qui seraient justement extatiques de pouvoir retrouver un reportage durant l'un de leurs meetings, universités d'été et autres joyeuses réunions, dans lesdits livres numériques honnis !

Des livres enrichis, qui mettront « aussi fin à la littérature », note enfin M. Arié, décidément pas très bon pour la rhétorique.

Eh bien, pointons pour lui que si la littérature, en numérique ou non, se porte très bien, et continuera de bien se porter, l'un de ses ouvrages est justement disponible en version numérique, Pour ou contre l'homéopathie, publié chez Mordicus.


Par correction, au moins pourrait-il en demander le retrait, à moins qu'il ne désire activement prendre part au cataclysme dont il se fait le chantre...