Eliette Abécassis verse dans l'infidélité conjugale

Clément Solym - 04.06.2011

Edition - Société - infidele - eliette - baecassis


« Je t'aime, moi aussi mon amour, mais là je vais rejoindre mon amant sur internet. D'ailleurs, tu devrais faire pareil, tu as l'air de t'ennuyer un peu ces derniers temps... » Surréaliste conversation ? Pas vraiment. Voire pas du tout...

Le site Glleden prône la rencontre entre les hommes et les femmes et les femmes et les femmes et les hommes et les hommes, bref, des rencontres avant toute chose. Mais le reste n'est pas littérature du tout. C'est que ce site d'infidélités conjugales s'est attaché la plume d'Éliette Abecassis pour un exercice de style assez amusant : celui de la lettre d'infidélité.

Description par les intéressés :
Inspirée des échanges entre Georges Sand et Alfred de Musset, cette « lettre secrète » des temps modernes se lit en deux temps : l'un, de la première à la dernière ligne (le personnage, une femme mariée, écrit à son mari); l'autre une ligne sur deux (correspondance cachée, à son amant). Cet échange parle à tous, aux femmes, aux hommes, aux amants, à quiconque aime ou a aimé...
Fantastique, merveilleux, que du bonheur.

La lettre écrite est donc simple à décrypter, d'autant plus que le site appuie la supercherie en mettant une ligne en blanc, une autre en gris. Quitte à prendre l'internaute en manque de relations fortes en dehors de son couple pour un imbécile, autant le lui montrer et lui mâcher complètement le travail.


Et pour la romancière, c'est également l'occasion d'assurer la promo de son dernier livre, paru chez Albin Michel, Une affaire conjugale, où il est justement question d'infidélité et d'internet. Magnifique.

« Internet est un outil rapide, anonyme, accessible n'importe où, et surtout, dans une époque d'individualisme où les gens ne parviennent pas à se rencontrer, ou alors cohabitent sans se parler, cela permet de rétablir un dialogue, et en un sens, de l'humain….», explique Eliette, qui à l'instar de Gleeden, a décidé de prendre l'internaute pour un demeuré primaire - qui à essayer de lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

Et alors ?

Et alors quoi ? Ce n'est pas compliqué : s'il faut arriver à ça pour vendre des livres, on lui souhaite simplement d'avoir reçu un gros, un très gros chèque. Parce que l'on tombe tout de même bien bas dans la promotion. Que chacun fasse, en son âme et conscience, ce qu'il souhaite sous ses draps, ou ceux d'autrui, merveilleux. En revanche, tenter d'acquérir une caution morale de la sorte, avec une agrégée de philosophie - super ! la prochaine fois optez pour le bénédictin, directement - c'est du pur n'importe quoi.

Mais comme dirait Gainsbourg

La femme des uns
Sous l'corps des autres
Et on recommence
A s'inquiéter
On se dit qu'si
C'était la nôtre
Là qui se vautre

On lui f'rait passer
L'gôut d'recommencer
Et pour changer d'air
On l'enverrait fair'
Un tour là-haut
Là-haut
Tout là-haut
Là-haut
Et pour s'consoler

On irait voir
La femme des autres...