Eliminer l'intermédiaire 'éditeur', mais en douceur

Clément Solym - 23.04.2012

Edition - International - Amazon Publishing - Ian Fleming - Grande-Bretagne


Juste avant le lancement européen du Kindle Touch, son lecteur ebook à écran tactile, le cybermarchand, très proche de l'actualité, a décidé de mettre les pieds dans le plat où ça fait mal. En rachetant l'intégralité des oeuvres de Ian Fleming, c'est une nouvelle incursion dans cet espace réservé aux éditeurs qu'Amazon piétine. Dans la joie et l'allégresse… 

 

Les intermédiaires, sources de problèmes, c'est probablement là le credo de la société de Seattle, que l'on n'aurait jamais cru capable de tant déployer ruse et manigances pour devenir le Gorille de 500 kg tant décrié. En lançant maintenant ses propres maisons d'édition au Royaume-Uni, la filiale édition de la société entend poursuivre le projet de sape entamé outre-Atlantique. 

 

C'est qu'il faut consolider une position mise à mal, dans un marché britannique où Kobo revendique une position forte. Si les estimations accordèrent 70 % de parts de marché à Amazon, difficile de ne pas voir combien les concurrents talonnent. « Tout ce qui nous importe, c'est le Kindle. Stratégiquement, c'est notre priorité numéro 1, et deux, et trois », explique une personne de la firme au Telegraph.

 

 

 

La publication de livres sous sa propre marque, impliquera également de passer un accord avec une maison d'édition pour réaliser l'impression des titres, et la commercialisation dans les librairies. Face à l'alliance Kobo / WH Smith, qui doit conduire à l'ouverture de 100 boutiques commercialisant les lecteurs ebook du Canadien, Amazon doit resserrer l'étau. Passer par du contenu exclusif fait partie des solutions intéressantes. 

 

Et largement privilégiées.

 

Selon un responsable de maison d'édition du Royaume-Uni, l'atmosphère entre éditeurs et Amazon est pour l'heure "fébrile". Et faire passer la filiale édition pour une start-up qui ne compte que 20 à 25 personnes, c'est aussi oublier combien le projet est soutenu par une fantastique machine à lobbying…

 

La Society of Authors, porte-voix des auteurs britanniques estime qu'Amazon est de plus en plus abordé de par sa position de dominant monopolistique dans le secteur. Et qu'à ce titre, ce sont des avancées dont il faut se méfier. Mais le directeur général de l'agence Curtis Brown, Jonny Geller, qui a participé à la négociation de la transaction autour des James Bond, estime qu'Amazon joue en faveur des auteurs. 

 

Ces derniers veulent être lus. Et pour certains d'entre eux, le cybermarchand offre une solution inégalée, pour l'heure. 

 

À ce titre, la réédition des livres de Ian Fleming commencera à partir de cet été outre-Atlantique, avec la bénédiction de Ian Fleming Publications, qui en détient les droits. « Nous croyons qu'Amazon Publishing a la possibilité de remettre ces livres au coeur de la marque Bond, dans un équilibre entre l'édition traditionnelle et les nouvelles technologies, avec un nouveau moyen d'atteindre nos lecteurs », assurait sa directrice, Corrine Turner. (voir notre actualitté)




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