Elmore Leonard : l'ebook ? C'est sans vie, sans glamour... sans couverture

Clément Solym - 23.11.2010

Edition - Société - ebook - glamour - couverture


Scénariste, romancier, et particulièrement apprécié outre-Atlantique pour ses dialogues, Elmore Leonard n'en reste pas moins prolixe et savoureux, avec un 44e roman paru le mois dernier, qu'il place volontiers sous l'égide d'Ernest Hemingway...

Où trouve-t-il l'inspiration ? En regardant la Roue de la Fortune, explique-t-il à nos confrères de Reuters, depuis son domicile dans le Michigan. Avec Djibouti, son dernier ouvrage, c'est dans la Corne de l'Afrique qu'il embarque son lecteur, dans un monde peuplé de pirates, de membres d'Al-Qaida ou de milliardaires excentriques. Le tout avec un journaliste à la recherche de la vérité et accompagné de son impertinente secrétaire...

L'aventure est au rendez-vous, évidemment, et le dépaysement avec, mais la localisation du livre ne doit rien à la situation géopolitique. « Djibouti est l'un de mes mots préférés depuis longtemps. Il a un son merveilleux », explique l'écrivain.

Surtout que, si le 44e est sorti, le 45e est déjà sur les rails, pour le bonhomme de 85 ans, qui reste alerte et rapide, n'en supporte pour autant pas la mode du livre numérique. Pas question de faire d'ebook avec son dernier livre : « J'aime le livre. J'aime les livres, c'est pour ça que j'ai commencé à écrire. J'aime avoir mes propres livres », répète-t-il.

« L'ebook, pour moi, n'est pas plus convaincant qu'un manuscrit. Je ne pense pas qu'il y ait de la vie dedans, ni de glamour ou de couleur. Au moins, un livre, ça a une couverture. »

L'adaptation de ses livres en films Elmore connaît bien. Pour Djibouti, c'est déjà prévu et cela devrait bien marcher. « Le livre est déjà écrit comme une sorte de film », assure-t-il. Tout en précisant bien que de toute manière, le cinéma et lui, c'est une grande histoire d'amour.