Elsa Osorio : en Argentine, "ce sont les femmes qui ont fait l'histoire"

La rédaction - 22.03.2014

Edition - Société - Mika Etchebéhère - révolutionnaire - Elsa Osorio


Parmi les auteurs argentins invités du Salon du livre de Paris, on compte Elsa Osorio, une femme passionnée d'histoire, et plus encore de la dictature. Née en 1952, elle a vécu cette période, et plusieurs fois déjà, a pris le temps de l'écriture pour raconter. C'étaient les disparitions, la mort, la torture, et d'autres atrocités, qu'elle avait évoquées dans son précédent livre, Luz ou le temps sauvage. Aujourd'hui, elle se consacre à un tout autre personnage, la révolutionnaire Mika Etchebéhère.

 

 

Elsa Osorio

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Il y a des vies qui sont des romans qu'aucun romancier n'oserait écrire par crainte d'être taxé d'invraisemblance. Mika, la Capitana d'Elsa Osorio, semble avoir eu l'habitude de se trouver à l'épicentre des convulsions qui ont secoué le monde contemporain depuis les années 30.

 

Mika, Micaela Feldman de Etchebéhère (1902-1992), la Capitana, a réellement vécu en Patagonie, à Paris, à Berlin, en Espagne, elle a tenu toute sa vie des carnets de notes. À partir de ces notes, des rencontres avec les gens qui l'ont connue, des recoupements de l'Histoire, Elsa Osorio transforme ce qui pourrait n'être qu'une biographie en littérature. Mika a appartenu à cette génération qui a toujours lutté pour l'égalité, la justice et la liberté. Elle est allée à Paris avec son mari pour participer au mouvement intellectuel dans les années 30, ils ont fondé la revue Que faire ?.

 

Puis ils sont allés vivre à Berlin dont les ont chassés la montée du nazisme, ainsi que les manipulations du mouvement ouvrier par le stalinisme. Enfin ils sont allés rejoindre les milices du POUM dans la guerre civile en Espagne.

 

Dans des circonstances dramatiques, elle, qui ne sait rien des armes et des stratégies militaires, se retrouve à la tête d'une milice. Son charisme, son intelligence des autres, sa façon de prendre les bonnes décisions la rendent indispensable et ce sont les miliciens eux-mêmes qui la nomment capitaine. Poursuivie par les fascistes, persécutée par les staliniens, harcelée par un agent de la Guépéou, emprisonnée, elle sera sauvée par les hommes qu'elle a commandés. Elle a fini sa vie d'inlassable militante à Paris en 1992.