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Elsevier achète Aries : l'édition scientifique s'interroge sur son avenir

Antoine Oury - 08.08.2018

Edition - Les maisons - Elsevier édition scientifique - Elsevier Aries - Elservier éditeur


L'éditeur scientifique Elsevier a entamé des procédures pour faire l'acquisition de la société Aries Systems, à l'origine d'outils informatiques de publication de documents et d'articles. Autrement dit, Aries Systems permettait aux auteurs de mettre en ligne les résultats de leurs recherches pour permettre leur relecture par des pairs. L'acquisition d'Elsevier soulève plusieurs questions, puisque les solutions d'Aries Systems étaient utilisées par d'autres éditeurs...


Elsevier - London Book Fair 2018
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


 

Véritable géant de l'édition scientifique — et de l'édition tout court — avec 2,6 milliards € de bénéfices en 2017, Elsevier s'offrira Aries Systems par une transaction bouclée au troisième trimestre 2018, selon un communiqué diffusé la semaine dernière. Les outils d'Aries permettent de publier en ligne, mais aussi de gérer les corrections appliquées sur tel ou tel article, ou encore de récolter et d'analyser des données de lecture.

 

« Aries a mis au point une solution de suivi de processus d'édition de premier ordre pour les éditeurs, les responsables de la publication et les universitaires cherchant à faire progresser la découverte et la diffusion des connaissances », résume Lyndon Holmes, fondateur d'Aries Systems en 1986. Elsevier a d'ailleurs indiqué qu'Holmes resterait en poste chez Aries Systems.

 

Cette acquisition poursuit la stratégie d'achats d'outils utiles à l'édition scientifique d'Elsevier, après Mendeley, SSRN, Plum Analytics ou encore bepress.

 

L'achat d'Aries par Elsevier en rappelle un autre, celui d'Atypon, une plateforme de publication, par l'éditeur scientifique Wiley, concurrent d'Elsevier, en 2016. Dans les deux cas, des éditeurs à la taille déjà conséquente s'offrent des outils de publication utilisés par d'autres éditeurs, souvent de taille plus réduite. Difficile de ne pas penser aux risques en matière d'indépendance, de maîtrise des moyens de publication ou de libre concurrence.

 

Elsevier, dans son communiqué, assure d'ailleurs qu'il « s'investit dans une offre de services constante et de qualité à la fois pour les éditeurs et pour les chercheurs, comme celle qu'Aries fournit aujourd'hui », avec la constitution d'un comité rassemblant des clients d'Aries. Avec cette garantie, l'acquisition des outils d'Aries semble alors relever de la simple diversification des revenus, pour Elsevier.

 

Open Access : “Les demandes d’Elsevier,
inacceptables pour la science”

 

Toutefois, l'édition scientifique s'inquiète de ces achats : Angela Cochran, éditrice associée et directrice des revues de l'American Society of Civil Engineers, estime que la situation pourrait déboucher sur des éditeurs « interdits d'accès » — pour une raison financière ou technique — à un écosystème qui pourrait bientôt appartenir à quelques grands éditeurs. Certes, d'autres solutions existent, parfois open source, mais elles nécessitent souvent une expertise et une masse salariale que des petites sociétés n'ont pas forcément.

 

À l'inverse, comme le suggèrent d'autres, l'acquisition pourrait tout simplement permettre à Aries de bénéficier d'investissements plus conséquents, et ainsi de mieux servir ses clients...

 

Quoi qu'il en soit, l'édition scientifique connaitra un nouveau bouleversement.




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