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Elsevier s'attire encore plus d'ennemis

Clément Solym - 05.03.2012

Edition - Société - enseignement supérieur - Etats-Unis - Elsevier


Depuis le mois de février, le boycott du groupe Elsevier par la communauté des chercheurs n'a cessé de s'intensifier. L'éditeur est notamment accusé de tarifs et de conditions d'abonnements excessifs, le tout sur fond de discussions controversées au Congrès autour du Research Work Act (voir notre actualitté).


Le modèle commercial d'Elsevier est aujourd'hui sévèrement critiqué et boycotté par le syndicat national australien de l'enseignement supérieur.  Ils encouragent les chercheurs à ne plus soumettre leur travail à Elseveir. Les prix du groupe condamnent notamment selon eux les bibliothèques universitaires à se procurer des groupes de revues, dont certaines qu'elles ne souhaitent pas vraiment voir figurer dans leur catalogue.

 

 

 

Jeannie Rea, présidente du syndicat, se veut inflexible : « Si nous comprenons que le processus d'édition et de dissémination des produits de la recherche coûte cher, tous les efforts devraient être mis en oeuvre pour assurer que la recherche fondée sur et pour les contribuables leur soit disponible à des prix raisonnables. Nous ne sommes à l'évidence pas convaincus qu'Elsevier fait des efforts dans ce sens ».

 

Les mathématiciens engagés


Le mathématicien sont particulièrement nombreux, à boycotter Elsevier et à avoir signé la charte « The cost of knowledge » (le coût du savoir). Parmi eux, le professeur Tao, enseignant à UCLA.

 

« Il est vrai que j'en suis à un stade de ma carrière où je ne suis plus forcé de publier dans une sélection particulière de journaux, donc je ne formule aucune recommandation sur ce que chacun devrait faire au sujet de ce boycotte. (...) Mais j'ai envoyé 9 % de mes papiers dans le passé à des revues d'Elsevier, j'ai maintenant décidé de ne plus leur soumettre aucun de mes travaux, et de ne plus participer à leurs comités éditoriaux. (...) Nous espérons que de plus en plus de mathématiciens transféreront leurs travaux des revues les plus chères vers les moins chères, comme conséquence de ce boycott ».

 

Elsevier tente de calmer le jeu

 

Elsevier a depuis annoncé qu'il ne soutenait plus le projet de loi du Resaerch Works Act pour des dispositions plus restrictives pour la diffusion des travaux scientifiques. Le 2 mars 2012, le groupe annonce qu' « Elsevier retire son soutien pour le Research Works Act ».

 

« Nous espérons que cela répondra aux griefs exprimés et aidera à recréer un climat plus productif et moins électrique dans le cadre de nos discussions avec les chercheurs. Nous sommes prêts et nous désirons travailler de façon constructive et coopérative afin de continuer à promouvoir l'accès libre et à bas coût à la recherche pour le public, par les moyens les plus variés ».

 

Cette déclaration n'a pas manqué de faire son petit effet. Si certains scientifiques la considèrent comme une victoire, rappelons qu'Elsevier continue de soutenir les intentions du projet de loi, mais pas le projet en lui-même. Ce n'est donc que partie remise.