Elton John raconte son combat contre le Sida dans un livre

Clément Solym - 19.07.2012

Edition - Les maisons - Elton John - livre autobiographique - Sida


Elton John est toujours présent : son dernier album, The Union, a complété en 2010 une discographie forte d'une bonne quarantaine de galettes. Mais c'est dans un livre publié par Little, Brown and Company, Love is the Cure, qu'il raconte son engagement contre le virus du Sida, alors que lui et son compagnon David Furnish sont devenus papas fin 2010.



Elton John and the Beatles at Madame Tussaud's New York

Elton John, version cire chez Madame Tussaud (auteur : InSapphoWeTrust)



Ses détracteurs le traiteront de vieux hippy en culotte de velours, et ils auront raison : Elton John assume le titre béat de son livre, et certifie dans une interview à USA Today qu'il faut « combattre l'ignorance et la haine. Cela fait très idéaliste de dire que l'amour est la solution, mais c'est pourtant vrai. »

 

Aujourd'hui fervent partisan de l'information, de la prévention et de la levée d'un tabou encore tenace, John reconnaît que cela n'a pas toujours été le cas : « J'ai peut-être perdu 60 ou 70 personnes à cause du Sida » confie-t-il, « mais je n'ai rien fait pour le traitement des maladies sexuellement transmissibles dans les années 80 ». À cette époque, Elton John fréquente Freddie Mercury, leader de Queen qu'il appelle « Melina », lui-même étant surnommé « Sharon » : les deux hommes participeront au Live Aid en 85, 6 ans avant la mort de Mercury.

 

Entre-temps, le chanteur aura eu le temps de renifler à peu près tout ce qui passait à proximité de ses narines, et estime aujourd'hui que seul un « miracle » l'a sauvé d'une infection. « Ou bien j'allais changer, ou bien j'allais mourir » écrit Elton John dans Love is the Cure. En 86, il rencontre Ryan White, un adolescent hémophile qui a contracté le virus du Sida à la suite d'une transfusion sanguine : l'un et l'autre se soutiennent, et John se sort de l'enfer blanc. En 1990, Ryan White meurt des suites de sa maladie.

 

John fréquentera ensuite la Princesse Diana, sera fait Chevalier par la Reine britannique quelques années plus tard, mais c'est bien avec ses associations caritatives qu'il passe à l'action concrète : 18 millions $ sont collectés chaque année. « Elles ont permis de réaliser un grand nombre de mesures radicales, des choses que personne d'autre ne ferait, comme la distribution de seringues stérilisées aux héroïnomanes » explique Kevin Frost, chercheur de la Fondation pour le Sida.

 

Dans ce livre, Elton John s'explique aussi sur son altercation avec le rocker Billy Joel, qu'il avait invité à passer en cure de désintoxication lors de leur tournée commune en 2011. Une remarque façon « qui aime bien châtie bien » écrit le chanteur. Depuis, ils ne s'adressent plus la parole... Et l'amour comme solution, alors ?