Emmanuel Macron, le président de la République qui ouvrira les bibliothèques

Nicolas Gary - 07.05.2017

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PRÉSIDENTIELLE 2017 – La soirée électorale a débuté dans de nombreux foyers, et même si la crainte de voir surgir Marine Le Pen était prégnante, le résultat est heureusement sans trop d'appel. Emmanuel Macron, leader du mouvement En Marche est élu président de la République au terme d’une campagne passablement morose et décevante.




Vers 17 h, un sondage évoqué par la presse belge annonçait déjà Emmanuel Macron autour de 62,5 % des votes, évoquant des sources du ministère de l’Intérieur. Avec une abstention estimée à 26 % — et qui s’élevait à près de 25,5 % en fin de journée, selon les différents instituts de sondage — le projet républicain est tout de même mis à mal. On attendra les résultats finaux pour savoir quel est le taux de participation global.

Les premières estimations accordent 65 % des votes à Emmanuel Macron. Cela dit, près de 9 % des bulletins seraient blancs et/ou nul – 8,9 % pour l'heure. « Un message formidable », souligne François Bayrou. C’est en effet historique : originaire d’Amiens, âgé de 39 ans, Emmanuel Macron fut ministre de l’Economie dans le gouvernement de Manuel Valls. Anciennement banquier d’affaires, il sera le président le plus jeune de l’histoire du pays. [MàJ : le score final accorde 65,8 % des voix à Emmanuel Macron]

C’est fort du soutien de Barack Obama qu’Emmanuel Macron attendait le résultat des votes d’aujourd’hui. Le 4 mai dernier, l’ancien président des États-Unis avait en effet adressé ses encouragements et sa solidarité à l’égard du candidat de En marche.

 


 

Le 25e président avait recueilli l’assentiment et les encouragements de plusieurs personnalités de l'industrie de l’édition, que ce soit la présidente du directoire d’Actes Sud, Françoise Nyssen, ou le président du Centre national du livre, Vincent Monadé. Des prises de position publiques, rares dans un secteur du livre souvent porté sur la discrétion.

 

Qu’y a-t-il dans la bibliothèque d’Emmanuel Macron ?


Emmanuel Macron élu, le programme culturel est d’ores et déjà connu. Éducation et culture doivent compter parmi les chantiers prioritaires du nouveau président, ainsi que l'exposaient les 12 propositions précédemment formulées par le candidat. 

 

Parmi les points majeurs, l’ouverture des bibliothèques, qui profiteront d’une amplitude horaire revue et corrigée, mais également d’un accès aménagé pour les week-ends. En effet, a-t-il expliqué à de nombreuses reprises, des établissements fermés le week-end, et après 18 h, « c’est une vraie inégalité, parce que c’est le plus modeste qui en a besoin. Cet accès à la culture, ont doit aussi le faire en ouvrant plus largement, en soirée, les week-ends, toutes les bibliothèques de France. ».

L’autre approche concernait la création d’un pass culturel, d’une valeur de 500 € et financé par l’État, « pour une partie très minoritaire », et majoritairement les diffuseurs et les GAFA. « Cela fait partie des contributions que je veux leur demander, parce qu’ils bénéficient aujourd’hui de cet accès à la culture, donc on doit les mettre à contribution. Parce qu’internet n’a de sens que si l’on construit ce commun », jurait Emmanuel Macron.

 

Sur la question de l’éducation, qui incarnait le troisième grand axe : généraliser la culture à l’école, « que 100 % des enfants aient accès à l’éducation culturelle et artistique ».

 

Le programme d’Emmanuel Macron pour le livre et la lecture 


Enfin, un point du programme du candidat, devenu président, attirera l’attention tout particulièrement : « Défendre résolument les droits d’auteur, aider les artistes et les éditeurs de contenu européens par la négociation encadrée d’accords sur leur rémunération, étendre les droits voisins aux éditeurs de presse et renforcer l’action contre les sites pirates. » De quoi satisfaire les industries culturelles, dans leur ensemble.

Les trois grandes mesures seraient à mettre en œuvre avec le budget du ministère qui serait maintenu, affirmait le candidat, et constant durant toute la période du quinquennat, avec un coût de 200 millions € par an. « On peut tout à fait réallouer et faire cet effort. »

Reste à savoir qui, dans ce contexte, incarnera l'autorité de la rue de Valois. Plusieurs noms circulent déjà, avec des personnalités particulièrement variées... À suivre.
 

Le Front national fait des siennes
 

Notons qu’en cette soirée pas si sombre pour le Front national, plusieurs médias ayant été blacklistés, d’autres ont, par solidarité, choisi de boycotter la fête originellement donnée au Chalet du Lac, au bord du lac de Saint-Mandé (bois de Vincennes). Qu’importe, le FN a privatisé l’endroit, et garantit que la soirée donnerait lieu à une célébration quoi qu’il en soit. 

 

 

Pas si sombre, en effet, puisqu’entre 2002 et 2017, le score que le Front national réalise pour le second tour passe du simple au double, tout de même. Une approche statistique pas vraiment rassurante. En outre, Marine Le Pen a annoncé la fin du Front national tel qu'on le connaît, pour donner au mouvement une nouvelle ampleur.
 

Certaines maisons ont surfé sur la soirée, comme 10/18, qui jouait à la Résistance : 

 

 

Message du président de la République
 

Le président a tenu à exprimer « sa profonde gratitude » qui va « à tous ceux d’entre vous qui m’ont apporté leur soutien ». Très calme et lisant avec attention son prompteur, le président adresse « un salut républicain à mon adversaire ». Emmanuel Macron entend « garantir l’unité de la nation » et s’adressant à tous, au « peuple de France », il souhaite défendre la France et « la communauté de destins » que représente l’Europe. 

 

Aux nations du monde, c’est un « salut fraternel » qui est adressé, évoquant le réchauffement climatique, la lutte contre le terrorisme : « Aussi longtemps que ce combat devra durer, nous le mènerons. »  

Humilité, dévouement seront les maîtres-mots du président, sous lesquels Emmanuel Macron a décidé de placer son discours et son engagement envers le pays. Désormais, tout est à faire. « Un discours de rassemblement », soulignera Ségolène Royal.
 

« Notre pays a massivement refusé l’extrême droite », remarque pour sa part Jean-Luc Mélenchon, qui place Emmanuel Macron en deuxième position dans les votes, après l’abstention. « Puisse la France y trouver son compte […]. Le programme du nouveau monarque républicain est connu. » 

 

Le candidat de La France Insoumise appelle en effet à la fédération, sans s’éparpiller. « Ne lâchez rien, ne renoncez à rien. » Une nouvelle majorité parlementaire est possible, indique-t-il. « Notre résistance peut gagner la bataille », conclut-il en évoquant les élections législatives.
 

Les engagements pour le livre d'Emmanuel Macron