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Emmanuel Macron : ouvrir toutes les bibliothèques le soir et le week-end

Clément Solym - 27.01.2017

Edition - Société - Emmanuel Macron bibliothèques - politique culturelle Macron - accès oeuvres GAFA


Invité de France Culture, Emmanuel Macron a évoqué précisément les lignes d’une politique culturelle à déployer. Rappelant sa proximité avec le philosophe Paul Ricœur, le candidat de En Marche insiste sur la primauté de la mémoire. Et par là même, l’accès aux œuvres : bibliothèques, pass culturel et éducation artistique et culturelle dans les écoles.

 

médiathèque de Graulhet

Charlotte Henard, CC BY SA 2.0

 

 

« Je tiens à la complexité du monde, au discours de complexité du monde », assure Emmanuel Macron, soulignant que cette idée est au cœur de son ouvrage Révolution. Refonder les politiques publiques, s’accompagne dans son programme d’une volonté de cadrer la diffusion de la culture face aux GAFA.

 

« Les GAFA en effet ont un rôle profondément structurant. Le numérique, c’est un nouveau continent, mais les contenus sont là et je dirais sont les mêmes : ce sont des productions humaines, artistiques, sensibles. Et nous ne pouvons pas, dans ce nouveau continent qui s’ouvre, considérer qu’il n’y a aucune forme de règle, aucun devoir. Aucun commun en quelque sorte. Ou que les communs, ce ne serait que ces tuyaux. »

 

En l’absence de règles sur le numérique, la jungle du numérique profite aux GAFA, « qui décident de tout ». Porter au niveau européen, parce que la France ne suffira pas, un projet qui astreigne les acteurs du numérique « aux règles des communs : quand on a un commun, il faut le financer. Ils doivent donc payer l’impôt comme les autres ».

 

Favorable à une meilleure rémunération des créateurs de contenus, une fois qu’ils sont diffusés par les GAFA, Emmanuel Macron envisage une contribution volontaire obligatoire, accompagnée d’une fiscalité européenne revue.

 

Une politique culturelle claire 

 

Trois grands axes piloteraient donc son action : une politique d’accès à la culture, le maintien d’un environnement de création culturelle français, et une politique européenne globale. La France – avec le prix unique du livre, en matière de financement du cinéma, du théâtre – a « créé les conditions pour qu’on puisse créer en France, ce qui fait d’ailleurs notre force ».

 

Mais avec « un budget assez faible », l’accès à la culture s’inscrit dans la vision politique : celui « d’un projet d’émancipation ». Que chacun ait les moyens de sortir de sa condition, en somme, avec, de nouveau, trois approches : généraliser la culture à l’école, « que 100 % des enfants aient accès à l’éducation culturelle et artistique ».

 

Deuxième point, s’inspirant de ce qu’a fait Matteo Renzi, « créer un pass culturel » : un billet de 500 € pour les jeunes, qu’ils recevront le jour de leurs 18 ans, « pour acheter des livres, accéder à des contenus culturels ». Emmanuel Macron estime que cette idée « marche formidablement en Italie », mais ses renseignements sont assez mauvais sur ce point.

 


 

Si l’intention de responsabilisation est louable, l’expérience italienne n’a pas eu un retentissement aussi formidable que l’affirme le candidat. Le financement du pass culturel sera pris en charge par l’État, « pour une partie très minoritaire », les diffuseurs et les GAFA, s’empresse-t-il de rajouter. « Cela fait partie des contributions que je veux leur demander, parce qu’ils bénéficient aujourd’hui de cet accès à la culture, donc on doit les mettre à contribution. Parce qu’internet n’a de sens que si l’on construit ce commun. »

 

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Enfin, « c’est l’ouverture de toutes les bibliothèques, en particulier les bibliothèques municipales et universitaires ». Nous avons 7100 bibliothèques en France, « en moyenne, les bibliothèques municipales sont ouvertes 40 heures par semaine. A Copenhague, c’est 98 heures ». Or, des établissements fermés le week-end, et après 18 h, « c’est une vraie inégalité, parce que c’est le plus modeste qui en a besoin. Cet accès à la culture, ont doit aussi le faire en ouvrant plus largement, en soirée, les week-ends, toutes les bibliothèques de France. ».

 

 

Trois mesures à mettre en œuvre avec le budget du ministère qui sera maintenu, et constant durant toute la période du quinquennat, avec un coût de 200 millions € par an. « On peut tout à fait réallouer et faire cet effort. »

 

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Notons que le chiffre avancé de 7100 bibliothèques est celui arrêté par le service du livre et de la lecture du ministère de la Culture en 2011. Dans le rapport d’activité de 2014, les données seraient confirmées, avec 9000 points d’accès au livre, soit 16.100 lieux de lecture publique. Mais le ministère souligne que ces informations « sont volontairement arrondies s’agissant d’une estimation ».

 

 

Or, entre 2014 et 2015, la France a surtout enregistré une légère baisse du nombre d’inscrits dans les bibliothèques publiques, passant de 5,492 millions à 5,427 millions.

 

 

via France Culture