En 1950, Milan Kundera se serait fait délateur pour la police communiste

Clément Solym - 13.10.2008

Edition - Société - Kundera - delateur - police


Respekt, magazine tchèque, publie aujourd'hui un long article, présentant Milan Kunera comme un délateur, mais également un homme lourd de secrets, qui impose le silence à ses amis sur ses voyages et actions. Une tranche sinistre du passé de l'écrivain dévoilée.

Entre autres, on y découvre que l'écrivain aura dénoncé un étudiant à la police secrète du régime communisme, nous sommes en 1950. Miroslav Dvorácek, le dénoncé, aura écopé de 22 ans de prison suite à cette délation, où le romancier explique en détail qu'il a non seulement déserté son service militaire, mais s'est aussi rendu en Allemagne en toute illégalité. Ce dernier aurait également servi d'agent secret.

Miroslav aurait risqué la condamnation à vie pour cette dénonciation, pour n'écoper finalement que de 22 ans d'emprisonnement et n'effectuera finalement que 14 dans les camps de travail forcé, au fond d'une mine d'uranium. Un terminus habituel pour les prisonniers de l'époque.

Pourtant, selon le procès-verbal, l'auteur n'était pas un intime de l'étudiant qu'il a dénoncé. Citant que le rapport de police en date du 14 mars 1950, Respekt montre que cette délation a pourtant largement contribué à l'arrestation de Dvoracek, alors que Milan avait rejoint le parti communiste en 1948, avant de dénoncer les répressions de ce dernier en 1960.

Milan Kundera n'a pas souhaité faire de commentaires, indique le magazine.