En 2016, l'Italie aura perdu encore plus de lecteurs

Nicolas Gary - 28.12.2017

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STATISTIQUES – Si l’année 2017 est porteuse de grands espoirs, l’année 2016, en Italie, renoue avec une croissance globale. Pourtant, les éditeurs font face à une perte réelle et importante des lecteurs. Si les politiques publiques manquent à l’appel, estiment-ils, les données sur les habitudes de lecture en 2016 montrent bien des choses sur nos voisins du Belpaese...
 

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Un bon libraire n'a pas de prix, un bon livre, si - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 


Sur l’année 2016, 86 % des 1500 éditeurs que compte l’Italie ont publié moins de 50 livres. Sur l’ensemble, 54,8 % sont de petites maisons avec 10 titres maximum par an, et 31,6 % de moyennes avec 11 à 50 titres. Les 13,6 % restants publient pour leur part les trois quarts de ce que représente le marché du livre – 76,1 % des livres commercialisés.

 

En 2017, une année d’espoirs pour l’industrie du livre en Italie

 

Sans trop de surprises, c’est à Milan que l’on retrouve la plus importante concentration – plus de 25 % des marques éditoriales – mais dans l’ensemble, la majorité des maisons se situe dans le nord du pays. 

 

Ce fossé entre Nord et Sud se reflète d’ailleurs dans les habitudes de lecture : dans les régions méridionales, seuls 27,5 % de la population lisent. Au nord, les résultats plus encourageants. Cependant, la plus grande partie des lecteurs semble résider dans la partie nord-est du pays (48,7 %). 

 

Pour les éditeurs, ces éléments s’expliqueraient par un faible niveau de culture générale chez les Italiens – 39,7 % des réponses avancées – et un manque de politiques de sensibilisation, pour 37,7 %. Les choses pourraient changer en 2018, avec de nouvelles mesures prises en ce sens.

 

Une aide structurelle à toute l’édition italienne,
contre les prédateurs GAFA

 

L’heureuse nouvelle de 2016, pressentie depuis quelques mois déjà, c’est le signe de reprise tant attendu : la production est en hausse de 3,7 % en regard de 2015, mais le nombre de lecteurs continue de diminuer. On passe ainsi de 42 % de la population de plus de 6 ans, à 40,5 % en 2016 – soit 23 millions de personnes qui assurent avoir lu au moins un livre au cours des douze derniers mois (47,1 % des femmes contre 33,5 % des femmes, dans le détail).

 

Les données fournies par l’Istituto nazionale di statistica (Istat) ont été publiées ce 27 décembre, indiquent que l’édition pour enfants est à la fête : elle grimpe de 4,5 % pour atteindre 14,6 % de la production globale, incluant les domaines éducatifs et scolaires, bien que le nombre de tirages soit globalement en baisse.

 

Numérique et prix de vente
 

L’offre numérique s’enrichit de même : à ce jour, un ouvrage sur trois dispose d’une version ebook. Avec 4,2 millions de clients – 7,3 % de la population – sur 2016, le format tend à séduire un peu plus. 6,3 millions d’ebooks ont d’ailleurs été téléchargés l’an passé. Et tout particulièrement dans les zones métropolitaines – 15,3 % contre 8,7 % dans les communes de moins de 10.000 habitants. 
 

On analyse d’ailleurs la croissance du livre numérique comme l’une des causes impliquant une moins grande présence de livres dans les foyers. En 2016, une famille sur dix n’en possédait pas – le chiffre ne varie cependant pas depuis près de 20 ans. Cependant, même dans les foyers avec une bibliothèque, 28,2 % ne possèdent pas plus de 25 livres, quand 63,2 % en comptent 100 au maximum. Près de 52 % estiment en avoir plus d’une centaine.

 

À ce titre, les jeunes lecteurs semblent plus intéressés par les ouvrages papier : entre 11 et 14 ans, ils sont 51,1 % à choisir l’imprimé.

 

En revanche, la corrélation entre la lecture et le niveau d’éducation devient plus évidente encore : 73,6 % des personnes diplômées sont lectrices contre 48,9 % chez ceux qui n’ont pas obtenu de diplôme. De même, la famille influe fortement dans la pratique du livre.


Côté tarifaire, le prix moyen d’un grand format est passé à 20,21 € contre 18,91 € l’année passée – mais en l’absence de prix unique du livre, les remises peuvent être intéressantes pour les lecteurs. La plus forte augmentation du prix de vente se retrouve chez les petits éditeurs, qui passent de 18,88 € en 2015 à 25,31 € l’an passé. 28,4 % des ouvrages publiés sont vendus entre 10 et 15 €. 
 

Reste donc qu’au final, 6 Italiens sur 10 ne lisent pas – la tendance ne cesse de s’aggraver depuis sept ans que les données statistiques sont relevées. Mais les lecteurs sont aussi des gens curieux : 68,9 % vont au cinéma (contre 41,7 % des non-lecteurs) et 34,7 % vont au théâtre (contre 10,2 %). 54,1 % découvrent aussi expositions et musées (contre 15,8 %).

 


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