En 2018, l'Espagne a produit moins de livres et généré plus de revenus

Nicolas Gary - 25.07.2019

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L’industrie du livre en Espagne est guillerette : avec une hausse de 1,9 % du chiffre d’affaires en 2018, tout en réduisant la production de nouveautés de 12,7 %, le moral est au beau fixe. 2.363 milliards € de ventes, un succès pour Miguel Barrero, président de la Federación de Gremios de Editores de España.

Diada de Sant Jordi
Francis Lenn, CC BY 2.0

 
Le rapport fourni sur les résultats financiers de l’édition fait rêver : un marché du livre en croissance qui capte un peu plus l’attention des lecteurs, tout en proposant un peu moins d’ouvrages. En regard de l’année 2017, c’est une juste continuité. 
 

Moins de livres, plus de revenus :  la formule magique ?


En 2018, ce sont 76.002 nouveaux ouvrages qui sont arrivés sur le marché, soit 12,7 % de moins que l’année précédente. 160 millions d’exemplaires ont été vendus, soit 1,6 % de mieux que l’an passé. Les inquiétudes de 2017 semblent apaisées.

« Ces chiffres permettent de refléter un certain optimisme, car ils révèlent une amélioration progressive du secteur après la crise », indique Miguel Barrero. Depuis 2013, année noire et sinistre, l’industrie n’a cessé de chercher à se réinventer, pour renouer avec les lecteurs. Rappelons qu’en 2008, c’était 3.185 milliards € de chiffre d’affaires qui étaient réalisés. 

Et si entre 2014 et 2018, les éditeurs relèvent un peu la tête, en obtenant 182 millions € de mieux, c’est encore bien inférieur à ce qui a été perdu sur la seule année 2012-2013, avec 290 millions € évanouis. 
 

Baisse globale du prix des livres


Notons que le prix de l’ouvrage moyen a diminué : passé de 14,66 € à 13,96 €, avec un roman qui s’établit à 12,1 € — 20 centimes de moins qu’en 2017. Idem pour les bandes dessinées, et pour la jeunesse, le prix moyen a diminué de 10 centimes.

Mais le grand enjeu, c’est la baisse de la production : 2019, année où le problème de la surproduction serait au cœur des réflexions des éditeurs, en France… 2018 était déjà en œuvre en Espagne. Moins de titres pédagogiques, moins de manuels scolaires — en recul de 9,7 % — les éditeurs ont moins publié. Mais surtout du fait des calendriers politiques, reconnaît-on.

Il faudra observer l’année prochaine si la tendance se poursuit, ou si le phénomène n’était que ponctuel. 

España
Raúl Hernández González, CC BY 2.0

 
Reste que le livre imprimé règne en maître : le CA n’a augmenté que de 0,1 % pour le secteur numérique, et représente 5 % du chiffre d’affaires global. 19.236 ebooks ont été publiés, et l’on atteint 12,8 millions de ventes. En attendant la régulation européenne autorisant la réduction du taux de TVA, le prix moyen était de 9,25 €. 

Contrairement au papier, ce sont les documentaires qui se vendent le mieux en ebook, à 52,7 %, contre 20 % pour les romans. 
 

Papier et numérique, les frères complémentaires


Pour cette dernière catégorie, notons que le CA passe de 407 millions € à 443 millions € — une tendance totalement à l’opposé de ce que la France a pu vivre en 2018, année en vilaine demi-teinte, avec une baisse de 4,38 % du CA, pour s’établir à 2.792 milliards €. Et une littérature qui avait perdu 5,7 % de son poids, passant à 567,9 millions…

En Espagne, la non-fiction continue également de croire, avec 3,7 % de mieux, quand la poésie dépasse même les 7 millions € en valeur. Le livre jeunesse prend 6 % de mieux, passant de 286 à 303,3 millions €. 

Pour les mois à venir, la Federación de Gremios de Editores de España a annoncé qu’elle travaillerait à un plan pour la lecture. Un pacte qui serait passé avec l’État, autour du livre, et permettant d’exposer le pouvoir de la lecture. Il s’agit d’engager toute la société civile autour de la capacité mobilisatrice des ouvrages.
 
« Après la crise et les bouleversements qui ont conduit au développement technologique, il est temps de réfléchir et de consacrer notre énergie à la conception d’un avenir pour l’industrie, mais surtout pour la lecture et le livre, en tant qu’éléments symboliques de la culture », conclut Miguel Barrero.

Si le baromètre annuel indique que les habitudes d’achat s’améliorent d’année en année, le pacte envisagé serait celui d’un plus grand pas vers la lecture. 

Toutes les informations sont accessibles dans le PDF ci-dessous :
 



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