En Argentine, 240 fonctionnaires de la Bibliothèque nationale licenciés

Joséphine Leroy - 04.04.2016

Edition - International - bibliothèque nationale - Argentine licenciements - employés auteurs


Fin mars, en Argentine, la Bibliothèque nationale de la République argentine a initié une vague de licenciements sans précédent.  Certains des employés auraient travaillé plus de dix ans dans l'institution et seraient aujourd'hui licenciés sans ménage. Cette coupe drastique inquiète les professionnels qui craignent un impact considérable sur le bon fonctionnement de la Bibliothèque nationale.  

 

National Library of the Argentine Republic

La Bibliothèque nationale d'Argentine (Helen K / CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Les syndicats dénoncent le fait que les licenciements ne sont pas conformes au décret de l’année dernière, qui autorisait le gouvernement à revoir les contrats d’emplois des salariés embauchés après 2013. « On parle de 25 % du nombre total d’employés », s'insurge Diego Martinez, porte-parole d’un syndicat argentin.

 

Cette perte affecterait le bon fonctionnement de l’institution. Pour le quotidien La Nacion, les coupes sont dues à une « croissance disproportionnée » du nombre d’employés sous la direction de Horacio Gonzales. À titre de comparaison, le quotidien rapporte un relevé : en 2005, il y aurait eu 306 employés. Actuellement, ils sont 1.048. 

 

Maria Pia Lopez, l’ancienne directrice de Musée du Livre et du Langage à la Bibliothèque Nationale, a estimé, pour sa part, qu’une telle augmentation s’explique par le fait que la bibliothèque a diversifié ses activités, par exemple en créant la bibliothèque numérique et le Musée du Livre. « Les renvois vont compliquer le fonctionnement opérations et, dans certains cas, rendront même impossibles certaines taches », ajoute-t-elle. Dès l'annonce, la police aurait occupé les alentours de la bibliothèque de peur qu’il y ait des manifestations.

 

L’écrivain et journaliste Marcos Mayer fait partie des employés licenciés : « Plus tôt aujourd’hui, j’ai été informé de mon licenciement de la Bibliothèque Nationale, ce qui signifie que le magazine que je codirigeais avec Guillermo Saavedra, l’Estado Critico, ne sera pas, comme ils disent, “reconduit” », avait-il écrit sur son compte Facebook, le 22 mars. 

 

Hoy a la mañana temprano me llegó el telegrama de despido de la Biblioteca Nacional. Con lo cual la revista Estado Crí...

Posted by Marcos Mayer on Tuesday, 22 March 2016

 

 

La directrice actuellement en poste, Elsa Barber, aurait été vivement critiquée en interne, selon Maria Pia Lopez. L’écrivain Alberto Manguel a été encouragé à prendre position, étant donné qu’il prendra la place d’Elsa Barber en juillet. Pour le moment, « il reste silencieux sur ces événements dramatiques ». 

 

(via The Guardian et Buenos Aires Herald