En Arménie, 5 éditeurs publient Le Petit Prince (et ça reste un best-seller)

Antoine Oury - 01.11.2017

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Sans trop de doute possible, on peut affirmer que Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry est un des plus célèbres livres français. On peut toutefois être surpris de le croiser à la Foire internationale du livre de Charjah, parti dans les valises d'Armen Martirosyan, PDG du groupe Antares. Sa maison d'édition arménienne a publié pas moins de 4 éditions du Petit Prince, et la concurrence est rude, au pays...


Le Petit Prince en arménien
Une des éditions du Petit Prince chez Antares, avec des figurines à peindre
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Le catalogue du groupe Antares, qui rassemble une maison d'édition, une agence de publicité, des consultants et des attachés de presse, est particulièrement bien fourni. On y trouve des traductions en arménien de Tolkien, Marcel Aymé, Herman Hesse, Vladimir Nabokov, mais aussi Michel Houellebecq, Frédéric Beigbeder, Camille Lemonnier ou encore Jean-Christophe Ruffin. Les auteurs d'Arménie ne sont pas en reste, avec Aram Pachyan, Arman Ohanyan ou Gurgen Khanjyan.

Mais le champion toutes catégories des ventes, c'est Le Petit Prince. À la Foire du Livre de Charjah, Armen Martirosyan a apporté 3 des 4 éditions du classique de Saint-Exupéry que sa maison a publiées. Dont un imposant coffret qui contient le Petit Prince, le Renard et un avion en plâtre, ainsi que la peinture pour leur donner des couleurs.

« Nous préparons une édition qui proposera des fonctionnalités en réalité virtuelle et en réalité augmentée », indique Martirosyan en prenant plusieurs livres publiés par sa maison en guise d'exemples. L'un permet de faire apparaître des personnages ou des objets en 3D, de se prendre en photo avec, puis d'en faire un GIF à envoyer sur Facebook, tandis que l'autre propose un escape game virtuel dans lequel le lecteur-joueur, chaussé de lunettes façon Google Cardboard, doit s'échapper d'une pyramide. Des activités annexes, certes, et parfois un peu dérisoires, mais qui pourraient attirer le jeune lecteur vers le livre et le récit, selon le PDG d'Antares, groupe fondé en 1992.

Armen Martirosyan - Le Petit Prince en arménien

Armen Martirosyan et ses éditions du Petit Prince, à Charjah
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)



Pour créer ces livres, pas besoin d'obtenir des droits de traduction ou l'autorisation de la succession Saint-Exupéry : Le Petit Prince est entré dans le domaine public dans le monde entier en 2012, 70 ans après le décès de son auteur. Seule la France maintient les droits sur l'oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry, mort pour la patrie, jusqu'en 2032, a priori.

Cela dit, Antares s'est procuré les droits du livre un peu en avance par rapport à la concurrence : « J'ai été le premier éditeur à acheter les droits du livre à Gallimard, et nous avons publié la première édition du livre en 2010, deux ans avant l'expiration des droits. Avant cela, de nombreux éditeurs, en Arménie, avaient publié des versions pirates » , explique Armen Martirosyan. Aujourd'hui, son groupe publie Le Petit Prince en livre de coloriages, en format poche, en pop up, et en cartonné, en plus du fameux coffret... Et Antares s'est même fendu d'un dessin animé Le Petit Prince.

Martirosyan assure qu'il travaille en relation avec les ayants droit de Saint-Exupéry, mais les éditions du Petit Prince ont explosé, dans le monde, depuis son entrée dans le domaine public : en Arménie uniquement, on retrouve le conte de Saint-Exupéry dans les catalogues de 5 éditeurs au total, dans des traductions différentes...