En Australie, un livre accusé d'incitation au djihad et au terrorisme

Clément Solym - 14.08.2008

Edition - Justice - djihad - incitation - terrorisme


Apologie du djihad, explosion de bombes et attentats suicides, destruction d'avions en plein vol ou assassinat de personnes politiques, comme George W. Bush... tout cela c'est pas un prochain scénario catastrophe / conspiration qu'Hollywood s'apprête à réaliser.

Un livre « très violent »

De fait, un procès se déroule actuellement à la Cour suprême de Nouvelle-Galles-du-Sud, dans lequel Belal Saadallah Khazaal, arrêté à Sydney et emprisonné depuis 2004, est accusé d'incitation à la violence et aux actes terroristes, saluant les attentats perpétrés à New York le 11 septembre 2001 et invitant à en reproduire d'autres.

Le livre cherche en outre à promouvoir un djihad « très violent » a estimé la Cour, afin d'assurer la domination de l'islam sur le monde. Si l'accusé a plaidé non coupable des charges retenues contre lui, notamment l'incitation aux actes terroristes, il s'est également défendu d'être en possession ou d'avoir rédigé un document en coopération avec un mouvement terroriste.

Plan d'attaque ou pure théorie ?

Écrit en arabe en septembre 2003, le livre fut rapidement publié sur le site web de l'accusé. Sa traduction anglaise, sous le titre de 'Dispositions des règles pour un djihad bref et instructions pour l'organisation des combattants et moudjahidin contre les infidèles' a cependant mis le feu aux poudres judiciaires australiennes.

Selon George Thomas, l'avocat de Khazaal, exception faite de trois paragraphes rédigés par son client, le livre n'est qu'une compilation d'éléments écrits par d'autres et librement accessibles, puisque tombés dans le domaine public. « Il a expliqué au jury que le livre ne contenait pas un plan pour une attaque terroriste, et qu'il ne s'agissait là que de pure théorie », explique son avocat.


Impossible de nier les incitations

Le livre fait plusieurs fois références à l'expulsion des juifs, des chrétiens et des infidèles. Pourtant, pour Me Neil, de l'accusation, « les actions terroristes sont bel et bien saluées dans ce livre et l'on ne peut enlever l'incitation à en commettre ». Depuis le début du procès, le jury a été particulièrement rappelé à l'ordre, le tribunal précisant que « la religion musulmane n'est pas en cause dans ce procès ».