En Belgique, on préfère devenir Chasseur de livres que de Pokemon

Nicolas Gary - 27.08.2016

Edition - International - Belgique Pokemon Go - chasse livres lecture - bookcrossing Belgique livres


Aveline Gregoire vit en Belgique et travaille dans une école primaire. Voyant l’enthousiasme suscité par les Pokemon sur le retour, dans la dernière application, elle a inventé un jeu qui lui aussi, fait un malheur. Il s’agit de chasser les livres, sans réalité augmentée ni Pokestop, mais son groupe, sur Facebook, grandit d’heure en heure...

 

 

 

Au lieu d’utiliser une application avec géolocalisation et GPS, les utilisateurs n’ont qu’une chose à faire, se connecter au groupe Facebook : Chasseurs de livres. Par la suite, Aveline Grégoire dissimule des ouvrages un peu partout dans son voisinage, et livre quelques indices pour permettre aux joueurs de mettre la main dessus. 

 

Les participants sont ensuite invités à faire de même, en laissant le livre quelque part, tout en signalant, par des indices, sa présence. Et l’on peut également y adjoindre une fiche, pour expliquer l’opération et la propager un peu plus encore. 

 

Ouvert le 12 août dernier, le groupe et l’initiative d’Aveline connaissent un succès retentissant : 48.500 membres au moment où nous écrivons cet article, et dans la presse belge, on ne cesse de vanter cette idée, reposant sur l’éternel bookcrossing

 

« Jamais je n’ai prétendu avoir inventé le concept ni avoir été la première ni l’unique à y avoir pensé. Des abandonner de livres, des chasseurs, il y en a eu de tout temps. Je suis juste arrivée au bon moment, au bon endroit, avec les bonnes personnes.

 

Mon but premier était de promouvoir la lecture de manière aléatoire, pour tout le monde, même pour ceux qui n’auraient pas fait la démarche de se rendre dans une bibliothèque ou vers une boîte à livres ou une librairie. Je rêve depuis toujours, déformation professionnelle sans doute, de faire passer mon virus de la lecture à tous », explique par ailleurs l’initiatrice du projet. 

 

La Belgique en délaisserait ses Pokemons...

 

Dans le groupe, le ton est de toute manière donné très clairement : « Et avant toute chose, et en toutes circonstances, on reste zen, on garde le sourire et on ne se prend pas la tête. Nous sommes ici pour nous amuser, lire, propager la lecture à travers la francophonie ! »

 

 

 

Toutefois, l’histoire ne va pas sans quelques complications : en effet, les livres abandonnés provisoirement sont considérés comme des déchets, et les ouvriers de certaines communes ont pour obligation de les mettre à la poubelle. Le risque de dérive est important, estime par ailleurs la municipalité de Bouge, un peu gênée aux entournures de devoir ainsi refréner l’impulsion culturelle. 

 

Pokemon Go : 3 astuces pour attirer les dresseurs en librairie

 

 

Comme la communauté des Chasseurs de livres grandit, peut-être des solutions seront-elles trouvées pour résoudre ce point. Dans tous les cas, il semble que le jeu amuse véritablement les plus jeunes, et que les adultes s’y laissent volontiers prendre avec eux. « Il y a deux semaines, je ne pensais pas que j’aillais pouvoir créer ce groupe-là, c’est extraordinaire la vitesse à laquelle ça s’est enflammé. Je ne pensais pas que l’on allait dépasser les 300-400 membres », assurait à la RTBF Aveline Grégoire, voici quelques jours. 

 

Retrouver le groupe des Chasseurs de livres