En Birmanie, le “poète au pénis” libéré après 6 mois de détention

Joséphine Leroy - 24.05.2016

Edition - Birmanie poète prison - Maung Saungkha Birmanie - poète pénis prison


Emprisonné pendant 6 mois pour une affaire de tatouage représentant l'ancien Président de la Birmanie, à l'époque en poste, le poète birman Maung Saungkha est sorti. Mais ce n'était pas un tatouage comme les autres : d'abord, c'était un tatouage imaginaire, inscrit dans un poème, non sur la peau. Jusque là, rien de surprenant, sauf que dans le poème, il s'agit d'un tatouage qui se trouve... sur le pénis. L'association littéraire entre le Président birman et l'organe masculin n'a pas plu, c'est le moins qu'on puisse dire. 

 

(Page Facebook)

 

 

Là où réside ma virilité se tient, sous forme de tatouage, 

un portrait de M. le Président 

Ma bien-aimée l’a découvert après 

notre mariage 

Elle était complètement vidée, 

Inconsolable.  

 

Pour ces vers postés en ligne, dont la traduction est certainement à améliorer, le jeune poète a été arrêté, jugé et emprisonné. Le président d’alors, Thei Sein, était en poste depuis 2011 et censurait sans ménagement les artistes birmans. 

 

Apprenant qu’il allait être arrêté, le poète avait publié sur Facebook un message provocateur, comparant subtilement l’absence de liberté d’expression d’autres pays (Irak et Syrie) avec la situation de censure en Birmanie : « Il [le poème, NdR] pourrait très bien parler de Saddam Hussein, ou de Bachar Al-Assad. Pourquoi pensent-ils que c’est toi, Thei Sein ? Il n’y a pas une seule référence à Myanmar dans mon poème. » 

 

L’anatomie de l’artiste avait fait l’objet de vifs débats. A-t-il, oui ou non, un tatouage de l’ancien président birman sur son pénis, comme il l’évoque dans l’un de ses poèmes ? « Il n’en a pas, c’est juste une métaphore », avait raconté sa petite amie. À l’AFP, elle rapportait l’état du poète et estimait qu’il « se sentait bien », même si les conditions de détention n’étaient pas idylliques. Maung Saungkha avait lui-même plaidé en ce sens. 

 

Il y a 6 mois, le poète avait été condamné à 6 mois de prison, désormais couverts depuis ce 24 mai par la préventive déjà effectuée. 

 

Son arrestation s’explique en grande partie par le contexte dans lequel il a publié son poème. Le Birman a été arrêté peu avant les élections législatives de novembre 2015, lesquelles ont été excellentes pour le parti de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), dirigé par Aung san Suu Kyi, symbole des droits de l’homme dans le pays. 

 

Le pays a maintenant un nouveau chef d’État, Htin Kyaw, proche d’Aung san Suu Kyi. Il a été élu démocratiquement le 30 mars 2016, une première en Birmanie depuis 1957. 




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