En cas de Brexit dur, les auteurs de livres seront les premières victimes

Clément Solym - 27.09.2018

Edition - International - Brexit industrie livre - Brexit auteurs dangers - accord Brexit UE


Le Brexit continue de diviser l’opinion, alors que l’industrie du livre fait front commun. Écrivains britanniques et irlandais ont diffusé une déclaration commune, détaillant les dangers d’un « Brexit dur » sur le marché de l’édition. 


Brexit sailing apart - bon voyage
muffinn, CC BY 2.0

 

Selon les organisations d’auteurs, Society of Authors (SoA) et Irish Writers' Union, les relations entre les pays ne pourront que souffrir d’un Brexit dur. En effet, « les États-Unis et l’Irlande jouissent d’une relation commerciale étroite », indiquent les associations. Et ce, du fait que « les livres peuvent circuler librement d’un pays à l’autre ».

 

Toute forme de barrage douanier aux frontières, l’introduction de tarifs et de contrôles aux frontières en cas de sortie, sans accord préalable, « serait désastreuse pour cette relation commerciale directe, impactant l’industrie des deux pays ». 
 

Une progression record pour l'édition britannique,
grâce à l'export

 

Ainsi, si l’Angleterre venait à quitter l’Union européenne sans un accord, « cela amènerait le Royaume-Uni à adopter un modèle international restrictif ». Ce qui signifie que les livres non destinés à la vente sur le territoire pourraient entrer dans le pays à des tarifs réduits. Et les éditeurs ne seraient alors plus en mesure de fixer des prix pour des ouvrages destinés à l’extérieur.

 

L’impact sur les ventes et donc sur les auteurs serait alors terrible. 
 

Des craintes historiques, autant que fondées
 

Depuis le début des négociations, l’ensemble du secteur du livre britannique tire la sonnette d’alarme. Avec 57 % de chiffre d’affaires réalisé à l’export, et un marché de 2,9 milliards £, les craintes sont bien connues.

 

Nigel Newton, directeur général de Bloomsbury, éditeur historique d’Harry Potter, le redoute depuis un moment. « Quand la Grande-Bretagne ne fera plus partie de l’Europe, il sera possible qu’elle devienne un marché partagé avec les éditeurs américains, plus ouvert ; comme on le dit. Le risque potentiel est que plus d’éditeurs américains préféreraient venir sur le continent plutôt que de travailler selon les accords actuels. »

 

Et comme l’Europe est la région la plus importante en terme d’exportation, avec 1,2 milliard £ de l’ensemble des titres de langue anglaise, la bataille ne tournera pas en faveur des éditeurs britanniques, qui intervenaient comme un relais entre les USA et l’Europe – notamment par l’intermédiaire des multiples filiales de groupes américains implantées. 

 

Brexit : L'Europe détaille les conséquences
sur les lecteurs handicapés

 

Pour les associations d'auteurs, les actuelles négociations sont inacceptables, en ce qu’elles finiront par nuire à l’industrie culturelle. Auteurs irlandais et britanniques exhortent les autorités à « élaborer une stratégie claire, qui préservera cette part essentielle de notre héritage culturel commun ». Et plus encore, « à veiller à ce que le Royaume-Uni ne quitte pas l’UE sans un accord ». 

Probablement les grands auteurs gagneront plus d’argent, mais les primo-romanciers seront certainement victimes de cette situation. Stephen Lotinga, directeur de la Publishers Association, l'indiquait en 2017 : « Le Royaume-Uni est le premier exportateur de livres au monde et il est extrêmement important que nous ne fassions rien qui puisse saper cet état de fait. »
 

via Bookbrunch




Commentaires

Décidément, le Brexit aura brisé mon cœur sur tous les plans...

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.