En Corée du Sud, le ministre de la Culture s'engage à mettre fin à la censure

Laurène Bertelle - 29.06.2017

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C'est un pas de plus vers la liberté d'expression dans le monde : en Corée du Sud, le nouveau ministre de la Culture, Do Jong-hwan, a décidé de mettre fin au système de listes noires consistant à répertorier les artistes qui critiquent le gouvernement.


South Korea Flag

Drapeau de la Corée du Sud (Global Panorama, CC BY-SA 2.0)
 

Tout début 2017, le monde découvrait l’existence, en Corée du Sud, d’une liste noire créée par l’ancienne administration de Park Geun-hye, alors présidente de la République et qui démissionna peu après la révélation. Cette liste noire coupait notamment les aides de l’État à différents artistes, du monde du livre mais aussi d’autres domaines de la culture. Apparaissaient sur cette fameuse liste, entre autres, Han Kang, lauréate du Man Booker International Prize pour son roman La Végétarienne, et Gong Ji-young, explique le journal Korea Times.

 

Do Jong-hwan, lui-même poète et lauréat de deux prix littéraires, a été nommé ministre de la Culture, du Sport et du Tourisme le 16 juin dernier par le président Moon Jae-in. À peine son mandat commencé, il s'est engagé à mettre fin à ce système de listes noires qui ne sont autres qu'une forme de censure, et à favoriser le processus de création des artistes de tous milieux. 
 

En septembre, mobilisez-vous contre la censure des livres

 

Jeudi 15 juin dernier, à Séoul, il rencontrait notamment les professionnels de l’édition dans les locaux de la maison Changbi Publishers, rapporte le Korea Times.

 

« À chaque fois que je rencontre des professionnels de l’édition qui ne sont pas récompensés à juste titre pour leurs efforts, cela me brise le cœur », s’est-il exprimé. « J’essayerai de construire un cercle vertueux de créateurs, d’éditeurs, de distributeurs et de clients. » 

 

La veille, il avait également discuté avec quelques figures du cinéma indépendant à qui il avait promis la supression définitive des listes noires. 

 

« Ce type de listes noires ne devra jamais plus exister. Non seulement elles coupent les aides financières aux artistes, mais elles sont aussi une forme d’exclusion sociale ; elles mettent en danger notre démocratie et vont à l’encontre de notre Constitution. »