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En Ecosse, les salariés sous-payés d'Amazon contraints à faire du camping

Cécile Mazin - 21.12.2016

Edition - Economie - Ecosse camping salariés - Amazon tentes dormir - conditions travail employés


Gloire à Dieu au plus haut des cieux : Amazon, jamais rassasié de paix sociale ni de justice salariale, a trouvé une solution pour ses travailleurs. Ceux qu’emploie le centre de Fife, en Écosse, peuvent à la fois profiter d’une nature abondante et de la vie au grand air. En effet : ils dorment sous une tente près de l’entrepôt, pour être plus proches de leur lieu de travail.

 

 

 

Ce 21 décembre, il fait précisément 2 °C à Fife et il pleut. Et certains des employés d’Amazon, quittant leur poste, ne retrouveront pas un foyer chaleureux, mais une toile de tente. Dans une enquête de The Courrier, on apprend en effet que les conditions de travail et de rémunération sont si mauvaises, que les employés sont contraints au camping. 

 

Depuis quelques jours, cette histoire fait fureur, et à quelques encablures de Noël, offre une bien mauvaise presse. Les employés du centre de Dunfermline sont en effet contraints de dormir dans des tentes pour tenir le rythme de leurs 60 heures de travail hebdomadaires. Mais surtout, ils n’ont pas les moyens de prendre la navette qu’Amazon met à leur disposition – 10 £ par jour, alors que la plupart des employés perçoivent un revenu de 7,35 £ journalier.

 

« Amazon devrait avoir honte de payer si peu ses employés, qu’ils aient à camper en plein milieu de l’hiver, pour joindre les deux bouts. Amazon devrait se reprendre et corriger le tir », annonce un salarié, resté anonyme. 

 

Avec des revenus qui excèdent de 15 pennies le salaire minimum, Amazon se drape toutefois dans sa dignité. « Nous nous assurons de maintenir les gens en sécurité, et la sécurité passe avant tout, de même que nous nous efforçons de proposer une expérience personnelle aussi ludique que possible », assure l’entreprise. Et de mettre en avant ses soirées, ses tombolas et d’autres divertissements proposés aux salariés. Et certainement pas une société inhumaine.

 

« Nous sommes fiers d’avoir pu créer plusieurs milliers d’emplois et de nouveaux postes en contrats à durée indéterminée dans nos centres de vente du Royaume-Uni, ces cinq dernières années », poursuit le porte-parole. Mais bien entendu pas un mot sur les coûts de transports qui dépassent les revenus quotidiens, au point d’être obligé de jouer au scout quand il fait 2 °C. 

 

 

 

L’ancien député de Dunfermline, Willie Rennie, actuellement responsable du parti démocrate libéral écossais, s’avoue très préoccupé. « Amazon a introduit des conditions de travail intolérables pour beaucoup de personnes. L’entreprise ne semble pas intéressée le moins du monde par le fait de conserver les employés bien longtemps, comme de toute manière ils travaillent jusqu’à tomber. »

 

Chez Amazon, on ne coupe pas encore la main des voleurs – pas encore...

 

Et d’ajouter : « Ils ont généré une culture d’entreprise oppressante, où la direction et certains employés exercent une pression indue sur la masse salariale. Il est temps pour Amazon de changer enfin ces manières. Cela implique de réviser les salaires et les conditions de travail. »

 

"Amazon, les perfectionnistes s'y rendent pour se sentir minables" 

 

 

Pour certains, la situation est délirante : « Est-on vraiment au XXIe siècle en Grande-Bretagne ? »