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En France, 10 % des adolescents ont des difficultés de lecture

Laurène Bertelle - 12.07.2017

Edition - Société - francais lecture - illetrisme france - adolescents lire


Nos jeunes savent-ils lire correctement? C’est ce que tente de savoir le ministère de l’Éducation nationale en faisant participer chaque année des milliers d’adolescents à des tests permettant d’évaluer leur compétence lors de leur Journée Défense et Citoyenneté. Résultat : un jeune Français sur dix éprouve des difficultés de lecture.

 

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Marco Nürnberger, CC BY 2.0

 

 

En 2016, 760 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont participé à la JDC, et donc à son traditionnel test de français, ce qui a permis au ministère de l’Education nationale de mettre au point une étude statistique sur le niveau de lecture des jeunes Français. Et le résultat est à double tranchant : si près de 80% des adolescents sont considérés comme de très bons lecteurs, 10,8% d’entre eux sont en difficulté de lecture, soit 82.080 adolescents.

 

Ces statistiques se basent sur trois critères principaux évalués lors des tests de la JDC, à savoir la connaissance du vocabulaire, l’automaticité de la lecture et les « traitements complexes », soit la compréhension de textes écrits.

 

Création d'un Observatoire de la lecture

des adolescents : les jeunes lisent-ils ?


Au vu de ces tests, 1 adolescent sur 10 s’avère avoir des lacunes dans une ou plusieurs de ces catégories, ce qui l’handicape au niveau de la lecture et de sa bonne compréhension. Pire encore, la moitié de ce groupe, soit 5 % de la population adolescente française, éprouve des difficultés sévères et peut même être considérée en situation d’illettrisme.

La situation n'est pas particulièrement nouvelle, puisque les études des trois années précédentes faisaient déjà état d'un jeune Français sur dix en difficulté de lecture. L'année 2016 enregistre toutefois une hausse de 0,9 % dans cette statistique, puisque le nombre d'adolescents en difficulté était seulement de 9,9 % en 2015, et de 9,6 % en 2014.

 

Assez naturellement, le niveau de compétence s’avère être parallèle au niveau d’études. Ainsi, plus de 45 % des adolescents n’ayant pas été plus loin que le collège sont en difficulté de lecture, tandis que ce nombre descend à moins de 5 % pour les jeunes ayant un bac général ou technologique.


 Pourcentages de jeunes en difficulté de lecture selon le type de scolarité et le sexe
(Note d'information, n° 17.17.  © DEPP)


 

Il faut toutefois relativiser les choses, puisque 77,5 % des adolescents ont également été jugés comme des « lecteurs efficaces ». Seuls 63,6 % ont réussi les trois modules de l’évaluation, mais les autres ont démontré qu’ils pouvaient combler leurs lacunes — souvent une certaine lenteur à la lecture —  grâce à un vocabulaire riche. 

 

Enfin, parmi les très bons lecteurs, on dénote une plus grande proportion de filles (66 % des filles de 16 à 25 ans sont classées dans le meilleur profil, contre 61 % des garçons). Toutefois, les différences se réduisent, voire s'inversent dans les autres catégories et semblent ainsi s’équilibrer, malgré un succès légèrement plus important pour les filles dans l'ensemble.


Les profils de lecteurs à la Journée Défense et Citoyenneté 2016 (en %) 
(Note d'information, n° 17.17.  © DEPP)