En Inde, des affiches et des stickers pour mettre la littérature à la rue

Camille Cado - 23.04.2019

Edition - International - Inde Stick Lit - Street art littérature - Inde panneaux citations


Si vous vous baladez dans les rues de New Delhi ou de Bangalore, vous ne pourrez pas échapper à ces affiches, stickers, posters ou encore papiers peints, véritables passeurs de littérature. À la tête de ce projet ? Deux Indiens, Nidhin Kundathil et Manoj Pandey. Entre bibliothèque publique et street art, ils ont décidé de rendre accessible la littérature au plus grand nombre en l’invitant dans les rues de l’Inde. 

Nidhin Kundathil et Manoj Pandey ont eu l’idée du projet, Stick Lit de son petit nom, alors qu’ils croisaient tous les jours des panneaux publicitaires. « Nous avons voulu transformer cette expérience visuelle en quelque chose de complètement nouveau et stimulant pour les passants, et pour une fois, ces panneaux ne les incitent pas à consommer », souligne Manoj Pandey. 

C’est en 2017 qu’ils décident de coller sur les murs des affiches, des stickers ou encore des panneaux publicitaires, d’abord à Delhi et à Bangalore avant de s’étendre dans le reste de l’Inde. « C’est assez difficile de faire ce genre de chose dans la rue, de nombreux facteurs doivent être pris en compte, comme la police et les autorisations. C’est ironique de constater que ce que nous faisons est hors-la-loi, alors même que nous essayons de faire du bien à la société. »
 

Changer le monde grâce au pouvoir des mots


Des poèmes dans les stations de trains, des citations dans les rues plus animées, ou encore sur les petites cantines ambulantes, les formats sont divers. Les langues aussi : les affiches sont traduites en anglais et en hindi à Delhi, et en kannada à Bangalore.

En charge de la conception, Kundhatil, un graphiste de 33 ans basé à Bengaluru. Il affirme avoir délibérément choisi des polices de caractères attrayants et des couleurs vives pour attirer l’attention des passants. 

La liste des auteurs choisis est large et variée, de Salman Rushdie à Shashi Tharoor, ancien ministre d’État aux Affaires étrangères, en passant par des voix plus récentes comme Nishita Gill et Nikhil Mhaisne. « Notre projet consiste aussi à faire entendre le travail de jeunes écrivains en herbe », explique Manoj Pandey. 

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Deux œuvres comptent parmi les plus connues. La première est une petite cantine ambulante de New Delhi sur laquelle sont inscrites les premières lignes d’un poème d’Ullah Khan intitulé Wazoodiyat : « Où le pauvre peut-il déverser la souffrance de son existence ? Le cœur est son seul récipient. » 

Ou encore l’un des posters les plus populaires à Bangalore, une déclaration de Salman Rushdie lors d’une conférence : « La censure, c’est ce qui vous empêche de faire ce que vous voulez, et la volonté de l’écrivain, c’est de parler de ce qu’il fait. Pas de ce qui peut l’empêcher d’agir. »
 
Leur objectif principal est de toucher le plus de monde possible et de créer une véritable bibliothèque géante à ciel ouvert. « Nous aimons croire que les gens, en particulier les jeunes, sont attirés par StickLit, car ils ne sont pas encore devenus cyniques », déclare Pandey. « Ils croient encore qu’un stylo peut changer le monde. Et nous voulons encourager cela. »
 



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