En Irlande : un ancien ministre accusé d'outrage

Clément Solym - 28.03.2012

Edition - International - Irlande - justice - ministre


Le député Peter Hain, ancien ministre de Tony Blair, est accusé d'outrage au tribunal. En cause, les propos tenus contre la justice de son pays dans ses mémoires, Outside In. Son éditeur est également visé par cette procédure.

 

La notion de « contempt of court » invoquée dans cette affaire décrit en fait un acte de désobéissance délibérée, ou un manque de respect envers la loi et ses représentants, et en particulier toute autorité publique. Il est ainsi interdit de défier un organe de justice en le tournant en ridicule ou en lui manquant de respect.

 

 

 

Un passage de ses mémoires se montre particulièrement critique envers Sir Paul Girvan, devenu aujourd'hui un juge influent.

Hain entend défendre avec l'aide de Biteback, son éditeur, sa liberté d'expression. Biteback parle quant à lui d'une « loi mystérieuse cherchant à bannir toute critique envers les juges, qui n'a pas été utilisée de mémoire d'homme ». Ian Dale, managing director au sein de la maison d'édition, précise même avoir été informé que « les procédures pour outrage au tribunal après avoir critiqué un juge sont considérées comme obsolètes en Angleterre et au Pays de Galles depuis la fin du XIXe siècle ».

 

Mauvaise foi

 

L'auteur n'en revient pas. « Je suis atterré par le tour que prennent les évènements. (…) Si la liberté d'expression et de commentaire doit être supprimée des mémoires politiques, alors les gens auront le droit de se demander : quel système de justice prévaut ? »

Peter Hain aurait allégué dans ses mémoires un conflit d'intérêt dans l'affaire de la nomination de Bertha McDougall au département prenant en charge les familles des victimes des troubles civils en Irlande... Nomination que le juge Girvan aurait décrite comme politiquement justifiée, malgré les nombreuses critique sur son déroulement. Peter Hain l'a dénoncé de façon virulente dans ses mémoires, il va maintenant devoir s'en expliquer devant le tribunal de Belfast.

 

Il est à préciser que malgré cette procédure, le manuscrit a été lu par des représentants des gouvernements d'Irlande et du Royaume-Uni, qui n'ont demandé aucune correction. L'auteur et son éditeur déclarent que, quelles que soient les poursuites, ils sont prêts à se battre.