En Italie, Filippetti défend une "exception culturelle européenne"

Clément Solym - 23.11.2012

Edition - Economie - Aurélie Filippetti - Italie - Europe collectivités locales


En déplacement en Italie pour retirer la médaille d'or de la déportation, décernée à titre posthume à son grand-père, la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti en a profité pour rencontrer son homologue italien et défendre une « exception culturelle européenne », rapporte l'AFP. En France, elle souhaite une plus grande coopération avec les collectivités territoriales.

 

 

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication

 

 

« Ce n'est pas une exception culturelle française, c'est la promotion d'un modèle de développement » a longuement souligné Aurélie Filippetti devant la presse italienne et le ministre de la Culture Laurenzo Ornaghi. Quelques jours après la dégradation de la note française par Moody's, la ministre n'a pas hésité à défendre « un travail sur le fond », tout en reconnaissant la diminution des budgets de la Culture, aussi bien sous Hollande que sous Monti.

 

Alors que l'Allemagne augmente effrontément son budget Culture de 100 millions €, la ministre a annoncé une ligne claire pour le Conseil européen des ministres de la Culture : « Ne pas entrer dans des spirales récessives en matière culturelle. » Une semaine auparavant, en Avignon, elle faisait de la Culture un moteur économique, mais aussi un moyen d'éviter le repli nationaliste de l'appauvrissement général. (voir notre actualitté)

 

Filippetti a ensuite de nouveau accusé directement Amazon de fragiliser le réseau national de librairies, alors même que l'ouverture d'un quatrième centre logistique était confirmée. Elle défendait à cette occasion le prix unique du livre, qu'il soit numérique ou papier, qui « a permis de développer un réseau de librairies très dense, qui sont de vrais espaces de citoyenneté, mais sont menacés par l'arrivée d'Amazon. »

 

Depuis Bruxelles, on voit surtout cette mesure comme un obstacle à la concurrence, ce que la ministre n'avait pas manqué de dénoncer. Attention, le début de semaine risque d'être plutôt houleux...

 

Par ailleurs, la secrétaire nationale à la politique de la ville, Sylvie Robert (PS), s'est vue confier par la ministre une mission cherchant à rapprocher action gouvernementale et collectivités, « pour une plus grande équité entre les territoires ». Son rapport sera remis en novembre 2013 : d'ici là, impossible de connaître ses objectifs réels. Après contact, le ministère nous répond qu'il ne peut « pas diffuser la lettre de mission de madame Sylvie Robert ».