En Italie, un éditeur ouvertement fasciste crie à la censure et ouvre une librairie

Federica Malinverno - 04.11.2020

Edition - International - Altaforte edizioni fasciste - Italie éditeur fasciste - Matteo Salvini Turin


Altaforte, la maison d'édition d’inspiration fasciste, fait encore parler d’elle. L’ouverture d’un point de vente à Cernusco (Milan) suscite des protestations, tandis qu’elle se prépare au procès contre le Salon de Turin.


 

L’ouverture, prévue le 7 novembre, d’un point de vente de la maison d’édition Altaforte à Cernusco sul Naviglio (Milan), a suscité de nombreuses protestations. « Nous sommes opposés aux librairies qui érigent des murs et publient des textes révisionnistes en contradiction ouverte avec les principes de notre Constitution antifasciste », ont en effet écrit dans un communiqué Giovanna Perego, la présidente de l’Anpi (Associazione Nazionale Partigiani d’Italia) de Cernusco, et le président provincial Roberto Cenati.

L’année dernière, les contestations avaient contraint la maison d’édition (dont le siège est à Cernusco) de renoncer à ouvrir la librairie. « La préoccupation — expliquent les présidents de l’Anpi — est qu’en plus de véhiculer des messages de haine, la librairie Altaforte pourrait devenir un lieu de rencontre pour ces groupes sur notre territoire. Nous demandons donc aux institutions en charge d’avoir la vigilance nécessaire. »

Dans un pays où le mécontentement et les protestations sont à l’ordre du jour, au vu d’une situation économique et sociale très tendue, limiter les expressions de violence représente en effet une priorité. 

Entre-temps, Altaforte se prépare à un autre événement : le procès civil qu’elle a intenté contre le Salon du livre de Turin, en relation avec l’exclusion de ladite maison de l’édition 2019 du Salon. L’ouverture du procès aura lieu le 18 décembre.
 

Altaforte poursuit le Salon du Livre de Turin


La participation d’Altaforte à l’événement avait été initialement formalisée dans les règles. La maison aurait dû présenter le livre-interview au leader de la Ligue (parti italien souverain) Io sono Matteo Salvini (Je suis Matteo Salvini), écrit par la journaliste Chiara Giannini. Cela avait soulevé une controverse jusqu’à ce que, finalement, la maison d’édition a été interdite de participer au Salon, accusée de défendre et propager des idées fascistes.

Les organisateurs pointaient également la proximité d'un éditeur avec le mouvement CasaPound, un groupuscule politique et violent d’extrême droite avec une matrice néo-fasciste et populiste. La région Piémont et la ville de Turin avaient alors formalisé la demande d’exclusion.

 Déjà, à la suite de ces événements, l’éditeur Francesco Polacchi avait annoncé son intention de porter l’affaire devant les tribunaux, compte tenu de la rupture de contrat du Salon. En particulier, au centre de l’affaire se trouvent la violation des règles contractuelles et la demande de dommages et intérêts.

L’avocat Gino Arnone, co-défenseur de la maison d’édition avec Maurizio Paniz, a évoqué à l’agence de presse Adnkronos « l’absence de pluralisme et de liberté d’opinion » en tant qu’éléments ayant déterminé la discrimination de la maison.
 
On pourrait rapporter, en guise de réponse, les paroles de deux présidents des Anpi mentionnés au début de cet article : « Certes, en tant qu’antifascistes, nous croyons en la liberté d’expression, ce qui ne signifie pas pour autant que chaque expression soit équivalente à une autre : il ne peut y avoir de citoyenneté civile et culturelle pour ceux qui font l’éloge, plus ou moins voilé, du nazi-fascisme. »

Le sort s'acharne : en juillet dernier, Facebook avait supprimé la page de la maison...


crédit Francesco Polacchi : fondateur de Altaforte edizioni


Commentaires
Si la même censure agit de l'autre côté comme de ce côté, cette maison d'édition est autant fasciste que Mao était un enfant de chœur...

Mais bon, ça rassure sans doute la gauche d'avoir un ennemi muselé : quand on n'a pas d'idée, il vaut mieux ne pas débattre pour ne pas paraître ce qu'on est vraiment.

Audiard avait un beau mot pour ces gens-là... Peut-être aurons-nous des lendemains qui chantent vraiment un jour où la censure n'existera plus. Mais on peut rêver, ici, comme là-bas.
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