En Malaisie, le dessinateur Zunar risque 43 ans de prison pour 9 tweets

Antoine Oury - 07.04.2015

Edition - International - Zunar dessinateur - Malaisie - 43 ans de prison


En février 2015, le dessinateur malaisien Zunar avait été inquiété dans son pays pour avoir publié sur Twitter un dessin en soutien à l'opposant Anwar Ibrahim, condamné à 5 ans de prison pour « sodomie ». Les autorités du pays jouaient l'intimidation, et avaient récidivé quelques semaines plus tard en lui interdisant des interventions en librairie. Le dessinateur risque à présent 43 ans de prison, pour 9 tweets.

 

 


Le dessinateur Zunar s'est représenté en action, envers et contre tout

 

 

Peu après la publication de son dessin en soutien à l'opposant Anwar Ibrahim, qui dénonçait clairement une corruption du gouvernement, le dessinateur s'était retrouvé en détention provisoire. « Zunar ne s'y soumettra pas. Il continuera de critiquer, même depuis la prison », signalait alors son épouse.


Malheureusement, la réalité a rejoint ses paroles, puisque le dessinateur est passé devant les tribunaux malaisiens ce 3 avril.

 

Le juge Zanol Rashid Hussain a accepté la plainte déposée par l'État malaisien qui porte sur 9 tweets publiés en février 2015, et accuse le dessinateur de sédition, autrement dit d'incitation à la révolte. Un des dessins publiés à cette époque sur Twitter représentait le Premier ministre du pays Najib Razak, et le reliait explicitement au verdict rendu contre le leader de l'opposition politique.

 

L'avocat de Zunar, Latheefa Koya, a expliqué que son client risquait jusqu'à 43 ans de prison, s'il était reconnu coupable pour les 9 cas cités par le plaignant. Le dessinateur a été libéré sous caution d'environ 6000 €, dans l'attente de son procès, le 20 mai prochain.

 

Le gouvernement de Najib Razak userait de plus en plus du prétexte de sédition contre des opposants et des citoyens : trois rédacteurs en chef et deux responsables du site The Malaysian Insider ont été arrêtés sur ce motif, puis relâchés quelques heures plus tard.

 

Zunar avait déjà été inquiété en septembre 2010, quelques heures avant la publication de Cartoon-o-phobia, un de ses ouvrages présentant des dessins satiriques et politiques. Il serait toujours dans le viseur des autorités pour ce livre, signalent certains observateurs.