En pleine crise de Virgin, ses dirigeants se seraient accordés quelques largesses

Antoine Oury - 28.06.2013

Edition - Economie - Virgin - Christine Mondollot - Walter Butler


Les salariés de Virgin ont dû passer par des mois de lutte sociale, de manifestations et de revendications, supporter des consommateurs rendus fous par des soldes improvisées, et supporter les échéances des offres de reprise. Pour finalement obtenir 15 millions € supplémentaires dans un PSE de 8 millions €. Pendant ce temps, Christine Mondollot et d'autres responsables chez Virgin se seraient octroyés une confortable avance, pour les jours difficiles.

 


Virgin

Dan White, CC BY-ND 2.0

 

 

Le journal Mediapart a encore une fois mis la main sur des informations assez incroyables, qui touchent cette fois aux rémunérations des dirigeants de Virgin, alors même que l'enseigne culturelle était déjà aux prises avec un redressement, suivi par une liquidation judiciaire. La filiale magasin du groupe Virgin se déclarait en cessation de paiement le 14 janvier 2013, et sa dirigeante, Christine Mondollot assurait le 15 avril devoir « impérativement être sortie le 30 juin pour inscription au chômage », comme elle l'indique dans un mail.

 

Le capitaine qui quitte le navire ? Pas seulement, puisque, dès le 3 septembre 2012, un des dirigeants de la chaîne d'enseignes culturelles s'est vu offrir un contrat de travail réévalué... à la hausse : « Pour la première année, votre prime sera garantie à hauteur de 50%. [...] Par ailleurs, en cas de rupture de votre contrat de travail, pour un motif autre qu'une faute grave, [...] vous pourrez prétendre au versement d'une indemnité de rupture égale à 100.000 euros », peut-on lire dans ce dernier.

 

Comble du comble, une fois les nouveaux contrats de travail signés, les recours à l'Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS), qui garantit le versement des salaires aux employés, se multiplient étant donné les comptes vidés de Virgin. Et la présidente Christine Mondollot n'est pas la dernière à se manifester, à plusieurs reprises : « Mon contrat stipule que j'ai la moitié du bonus annuel qui est garanti. [...] Pour la bonne forme, je demande à L. de confirmer son ok et à N. de passer ceci à la paie sur la société Virgin holding », peut-on lire dans un des documents avancés par Mediapart et relayés par les salariés.

 

Des primes « de rétention » destinées à s'attacher la collaboration de certains éléments de la direction auraient ainsi été versées, correspondant à 20 % du salaire annuel de base. « C'est un dispositif habituel dans le cadre d'un redressement judiciaire. Il y a des personnes clés dont le groupe a besoin de s'attacher les services pour continuer à fonctionner. Avant d'éviter qu'ils ne partent, il leur est proposé une prime », a expliqué la porte-parole du groupe à Mediapart.

 

Contactée par ActuaLitté, Christine Mondollot a simplement indiqué n'avoir « aucune déclaration à faire ». Nous mettrons à jour l'article avec les déclarations de l'administrateur judiciaire ultérieurement dans la journée.