Enid Blyton, la créatrice du Club des cinq, “raciste, sexiste, homophobe” ?

Antoine Oury - 29.08.2019

Edition - International - Enid Blyton - Enid Blyton raciste - club cinq livres


Enid Blyton, créatrice du Club des cinq, est une auteure britannique dont la postérité, depuis son décès en 1968, reste houleuse : si ses livres sont toujours lus et traduits dans le monde entier, le personnage public, lui est régulièrement écorné. Et pour cause : l'auteure aurait exprimé à plusieurs reprises, dans ses livres, des idées « racistes, sexistes et homophobes ».




Les polémiques ne datent pas d'hier : à mesure que les critiques et parents relisaient les livres de la série Le Club des cinq, il apparaissait quelques formules ou expressions étranges, voire insultantes. Du vivant de l'auteure, en 1966, son livre The Little Black Doll est accusé de racisme : une poupée se trouve délaissée à cause de son « horrible visage noir ». Abandonnée, une averse efface les couleurs pour lui donner une peau rose, désormais acceptable par son propriétaire...

Dans d'autres histoires, notamment celles du Club des cinq, certains lecteurs ont décelé des sous-entendus sexistes dans les propos lancés par les garçons aux filles du groupe, ou dans la manière dont ces dernières sont constamment remises à leur place aux yeux des garçons, c'est-à-dire comme inférieures à eux ou responsables de tâches bien précises.

Au Royaume-Uni, les débats et polémiques autour de l'auteure et de son œuvre sont loin d'être apaisés : un rapport de la Royal Mint, agence chargée de frapper les monnaies outre-Manche, révèle ainsi qu'un hommage était prévu en 2018 pour le demi-siècle de commémoration de la disparition de Blyton, morte en 1968.
 

La peur d'un « retour de flammes »


Cependant, ce même rapport explique pour quelles raisons l'initiative a été totalement abandonnée, et avec elle la possibilité d'obtenir des pièces de 50 pennies frappées à l'effigie de la créatrice de Oui-Oui. Le comité d'administration de la Royal Mint rappelle ainsi que l'auteure « est connue pour avoir été raciste, sexiste, homophobe et pour sa mauvaise réputation ».

En décembre 2016, au cours d'une réunion, l'agence considère même que le projet n'est pas une bonne idée, considérant « le retour de flammes que cela pourrait causer ». Autrement dit, une partie du public pourrait juger l'hommage considérablement déplacé.
 
« Le but du comité consultatif est de veiller à ce que les thèmes commémorés sur les pièces du Royaume-Uni soient variés, inclusifs et représentent les événements les plus significatifs de notre histoire », a précisé un porte-parole de l'agence Royal Mint pour justifier la décision, après la révélation du rapport par le Daily Mail.

Certains estiment la décision de la Royal Mint peu courageuse, comme l'auteure britannique Jilly Cooper, qui juge qu'Enid Blyton « mérite totalement une pièce commémorative ». D'après elle, Blyton est avant tout « une brillante romancière et ses livres ont donné envie de lire à des millions d'enfants ».


Commentaires
De nos jours, on s offusque de tout, on voit du mal partout, et on est prêt à mettre tout le monde au pilori pour tout.

C'était la façon de vivre de l époque, et on trouvait ça normal. Depuis les mœurs ont changé, les gens aussi.

Etant jeune à l école, on m a dit, vous devez apprendre à repasser car vous allez devoir le faire pour votre mari, vos enfants, ou bien, seules les filles apprenaient à faire la cuisine, et les garçons apprenaient la mécanique.Nos problèmes disaient : Maman va au marché et dépense 4.50 Fr ... L Education Nationale était elle sexiste ? Non, c etait l époque.

Mon enfance a été bercée par cette auteure, et mes lectures n ont pas noté de sentiments différents que ce que l on vivait à l époque.

On ne se posait pas tant de questions qu aujourd hui.

Je trouve au contraire qu aujourd hui, sous le motif de ne plus appeler un étranger, étranger, un noir, noir... on classe plus les personnes par catégories qu avant où on prêtait moins attention à tout ça. On vivaient ensemble, les gens se saluaient, se respectaient, on ne se choquaient pas, pour tout et tout le temps. Les mentalités ne s arrangent pas ! Il faut simplement se dire qu en lisant des livres anciens, on ne retrouvent pas forcément les normes d aujourd hui.

Ma petite-fille, lit cette auteur, et est aussi très tolérante envers les autres quels qu ils soient, sans se poser de questions.

Vraiment tout le cirque qu on fait pour tout, maintenant, m agace vraiment.
ce livre n'a rien d'offensant pour personne, que ce soit à partir des critères moraux de l'époque ou ceux d'aujourd'hui pour la majorité des gens avec un peu de sens commun.

quel débile ne comprend pas que la poupée "noire" signifie qu'elle est juste "sale" parce que oui, la salissure, très souvent, c'est noir (gras, suie, terre...), donc ça n'avait rien de "raciste". et le reste je n'en parle même pas.

il n'y a pas à excuser l'auteur.

C'est à une certaine moralité d'une minorité radicale de se remettre en question
Enid Blyton un auteur "raciste, sexiste et homophobe" ? Je pense que c'est la plus belle imposture de l'année fomentée par la funeste bien-pensance cynique citadine, relayée par nos "bons" medias qui manient avec dextérité le terrorisme intellectuel. La poupée noire est rejetée par tous : ou la la, quelle marque de racisme intolérable ! Une jeune fille se fait reprendre par un garçon : mais c'est inadmissible de machisme !!! Halte au sketch. Enid Blyton est un formidable auteur qui a fait rêver des générations d'enfants. D'ailleurs cette polémique que je découvre un peu tard m'incite à faire découvrir l'oeuvre de cette dame. Vive Enid Blyton !!!!
Oh la la, mais faut vraiment arrêter de relire la littérature "passée" avec des critères de culture et de société actuels, évidemment que des propos pareils ne passeraient pas aujourd'hui, mais dans le contexte, ils étaient "normaux" ... et du coup, ce n'est pas un auteur mais la majorité des gens de l'époque qui mériteraient de se trouver clouer au pilori pour leur racisme et leur sexisme ordinaire (et si ce n'était que des gens de l'époque) ... et on lit régulièrement des indignations politiquement correctes de ce genre à propos de Laura Ingalls, Madame de Ségur ...

Et en ce qui concerne le sexisme, je trouve quand même cela hallucinant de faire un reproche pareil à Enid Blyton alors que le personnage principal du Club des Cinq est une fillette qui refuse de s'habiller et de se comporter comme une fille, qui adopte un prénom masculin et qui est plus courageuse et dégourdie que ses cousins mâles ...

Bref, moralité, faites plutôt lire de la SF à vos bambins, avec un peu de chance, à la postérité, ça se fera moins épingler ...
Ce qui est hallucinant c'est qu'on puisse même essayer de justifier de telles choses en raison d'une normalité (fausse même à l'époque). Votre relativisme sorti des pires égouts de la société est le même qui empêche les sociétés d'évoluer. Une partie du passée était tellement pourri que les gens devraient prendre le goût de la lecture à travers des personnages homophobes et racistes telles que cette 'dame'. Il faut assumer les ombres de notre histoire pour mieux apprendre à conserver la lumière au lieu de relativiser pour célébrer ce qui était dégueulasse. Honte à vous.
Waouh, Pol, calmez-vous, le fait que je trouve ridicule de dire que les personnages du club des 5 soient sexistes ne veut pas dire que moi je le sois, si ?

Ben remarque, ça ferait bien rire mes amis, vu que je suis plutôt moquée comme la casse-pieds féministe du groupe ...

Bonne journée quand même ...
Que l'héroïne soit habillée en garçon et adopte les comportements attribués aux garçons pour être légitime (aux yeux de son auteure) c'est sexiste. Même mécanisme que l'histoire de la poupée noire qui devient acceptable quand elle devient blanche.



Je suis ok, la mentalité générale a évolué. Pourquoi ne pas plutôt mettre en valeur des auteur.e.s de la nouvelle génération.
Les auteurs d'aujourd'hui ? Pour une médaille ou une pièce commémoratives ?
Enid Blyton est un personnage complexe. Pour ceux que ça intéresse, la BBC avait diffusé un biopic sur sa vie, en particulier sur ses rapports plus qu'interpellants avec ses propres enfants, il y a plusieurs années. Le rôle titre est interprété par Helena Bonham Carter. cool hmm
Ce texte est anachronique. Presque toute la litterature de jeunesse de la même est du même genre. C'est drôle, j'ai lu tous les Club des cinq, j'en ai fait lire à mes élèves : l'occasion de parler de féminisme, de rejet de l'autre , de voyages et je ne suis pas devenu raciste pour autant. Certains imbéciles avaient écrit que la litterature populaire était le champ d'épandage de la littérature. Relire un Ivanohe vieux de trente ans va vous étonner. Enid blyton, une enseignante, a consacré une bonne partie de sa fortune à des oeuvres pour des enfants handicapés ou dans le besoin. Relire Apprendre à aimer lire chez Hachette. grrr
Évidemment ça peut toujours servir de base à la discussion.... mais quand c'est le cas pour tous les classiques ça devient lassant. J'ai bien expliqué à ma fille métisse qu'à une époque peu lointaine, on faisait venir des familles africaines pour les exposer et au passage leur lancer des cacahuètes (cfr. Expo 58 de Bruxelles) et que cela faisait l'objet d'une très chouette sortie en famille, on n'est pas cependant pas forcé de devoir se remémorer cela à chaque album de littérature jeunesse classique. D'autant plus qu'il y a de très chouettes nouveautés qui méritent amplement d'être mises en lumière.
Comme d'autres personnes ici, je pense qu'il faut replacer cette œuvre dans son contexte. C'est ainsi que la société fonctionnait à l'époque. Pour prendre l'exemple du Club des Cinq, autant je trouve le personnage de Claude presque féministe dans sa volonté de s'imposer, autant Annie me fait parfois grincer des dents aujourd'hui. Mais j'adorais cette série quand j'étais enfant et cela ne m'a pas empêchée de construire un esprit critique en grandissant ! C'est une fiction, pas un manuel de vie.



Regardez par exemple La Guerre des boutons (adaptation de 1960) : les garçons jouent à la guerre pendant que la fille les attend à la cabane pour recoudre leurs vêtements. On ne pourrait pas faire plus machiste, et pourtant ce film est considéré (à raison) comme un classique !
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