Enquête au Japon : de la pédopornographie vendue sur Amazon

Nicolas Gary - 27.01.2015

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Depuis octobre 2012, Amazon a ouvert son service Kindle au Japon, qui s'est doublé, en janvier dernier, d'une offre de manga. Mais depuis quelques jours, les responsables japonais du site travaillent à une tout autre opération : une enquête menée par la police locale, concernant la vente d'œuvres pédopornographiques sur la plateforme.

 

HENTAI Japanese!

MIKI Yoshihito, CC BY 2.0

 

 

Amazon Japon assure avoir « pleinement coopéré », avec la police, pour tenter de couper court à la vente de livres contenant de la pornographie enfantine. La police préfectorale de Aichi a procédé à différentes descentes au siège de Tokyo, ainsi que dans un centre de distribution situé à Chiba, le 23 janvier dernier. On cherchait alors des preuves que le site Amazon avait pu servir à la vente de ces œuvres dégueulasses – incluant des livres photo de jeunes filles, très jeunes filles.

 

Tout est parti d'une plainte déposée par l'association Lighthouse, qui apporte son soutien aux enfants et femmes exploitées. Cette dernière avait constaté la vente de marchandises possiblement illégales. Shihoko Fujiwara, sa directrice, assure que ces éléments avaient déjà été constatés en 2009 : DVD, livres pédopornographiques, avec des enfants de 7 à 17 ans – mineurs, donc, et sans aucun doute. 

 

Peu après la plainte, les ventes de 60 % de ces marchandises ont été arrêtées, sous trois semaines. Cependant, la directrice reste convaincue qu'il reste encore bien des choses à faire disparaître des étals. « Nous avons dû expliquer à Amazon Japon que ces livres et DVD étaient considérés comme illégaux à l'étranger et ne seraient pas proposés sur les sites d'Amazon aux États-Unis et au Royaume-Uni », déplore-t-elle.

 

La règle est la même pour tout le monde : interdiction de vendre des produits qui n'entrent pas en conformité avec les règles du pays, explique Bloomberg. Selon les données d'Internet Retailer, Amazon est le 4e vendeur de l'Archipel. 

 

« Nous prenons au sérieux cette enquête et nous coopérons pleinement avec les autorités. Nous ne permettons pas la vente d'objets illégaux sur notre site et nous disposons de systèmes et de processus qui peuvent prévenir et supprimer les contenus illégaux. Nous nous engageons à appliquer nos conditions et la loi, sur les objets présentés sur notre site », assure Amazon Japon, dans un communiqué diffusé ultérieurement.

 

L'an passé, le Japon a révisé sa législation pour interdire la possession de contenus pédopornographiques. Le coup de sonde effectué chez Amazon représente l'une de ces interventions supplémentaires pour régulariser le commerce. En septembre, les enquêtes avaient conduit à l'arrestation de plusieurs opérateurs économiques, y compris un vendeur de livres d'occasion, qui profitait de la MarketPlace de la firme. 

 

La nouvelle loi interdit la possession de photographies et de vidéos montrant des enfants âgés de moins de 18 ans, mais cela n'inclut pas les dessins, les animés ni les images numériquement créées.