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Enrayer 'la détérioration constatée de l'économie des librairies'

Clément Solym - 26.07.2011

Edition - Librairies - librairie - soutien - campagne


Pour apporter son plein soutien aux libraires, le syndicat national de l'édition vient de mettre en place une grande campagne, pour que les lecteurs sachent que « l'avenir et la fréquentation des librairies » doivent être au coeur des préoccupations de tous.

La campagne a pour mission d'inciter les lecteurs à « continuer à privilégier leurs achats en librairie » - comprendre donc, ne pas passer par des sites de vente en ligne.

La presse en renfort

Le tout part d'une initiative de l'hebdomadaire Le Point, explique le communiqué du SNE, et se déclinera « dans les principaux hebdomadaires, Le Point, L'Express, Le Nouvel Observateur, Télérama, Courrier international, le Journal du Dimanche, et les quotidiens : Le Monde, Le Figaro et Libération. Elle, Madame Figaro et Les Inrockuptibles ».


On s'étonnera assez joyeusement de ne voir aucun média pur-player intégré à ce florilège de grand nom de la presse.

Deux mots d'ordre à cette campagne :

  • valoriser le conseil irremplaçable du libraire. Conseil, rencontres, atmosphère, expertise, spontanéité, originalité, diversité et compétence sont au cœur de la relation entre les lecteurs et la librairie.
  • faire prendre conscience aux lecteurs qu'ils contribuent, par leurs visites et leurs achats, à rendre vivant un modèle culturel unique.

Représentant 45 % du marché du livre en France, le réseau des librairies est l'un des plus denses au monde, souligne d'autre part le SNE. « Une vingtaine d'insertions paraîtront à partir de fin juillet, pour un montant brut du plan média de 500.000 €. Près de 30 % de la population française âgée de plus de 15 ans y seront exposés : 30 millions de contacts. »

Soutenir le réseau

Le budget déployé vise donc à enrayer, ou tenter d'enrayer « la détérioration constatée de l'économie des librairies ». Et la communication sera donc portée sur l'importance de l'achat en librairie, pour maintenir la qualité du réseau — et, osons le mot — la bibliodiversité.

Quatre acteurs de l'interprofession ont décidé de prendre en charge cette campagne : Syndicat national de l'édition, le Syndicat de la librairie française, l'Association pour le développement de la librairie de création et le Centre national du livre.

La campagne a été réalisée par l'Agence Rive Gauche agence dédiée à la publicité littéraire de Ailleurs – Exactement. Directeur de création : Pierre Noël. Pilote de la campagne : Marie-Annick Giraud.


Mise à jour 18h40 :
Dans la communication mise en place, une petite nuance reste à apporter, qui prend tout son intérêt. De fait, les 500.000 € de plan média mis en place au travers des organes de presse ne sont pas « pris en charge » financièrement par les quatre organisations professionnelles.

Il s'agit bien au contraire d'un geste de solidarité de la part des médias cités, qui offrent des espaces promotionnels dans leur publication, à titre gracieux et de soutien apporté à la librairie française. Raison pour laquelle les pure-players n'ont pas été sollicités.

Mouvement de solidarité

« Cette décision fait suite aux rencontres de Lyon où Le Point a été le premier journal à proposer cette initiative, destinée à mettre en exergue la valeur de la librairie. La réaction de l'hébdomadaire fait suite au constat établi par le cabinet Xerfi et présenté à la profession au cours de ces Rencontres », nous précise-t-on.

Le cabinet avait pointé certaines difficultés de la profession :

Dans ce contexte, gérer l'absence de croissance devient très difficile pour les librairies. Car les dépenses d'exploitation augmentent naturellement à un rythme de 2 à 3 % par an, sans que les dirigeants aient de marges de manoeuvre pour en inverser la tendance.

Le poids des autres achats et charges externes (AACE) dans le chiffre d'affaires des librairies s'est ainsi accru de plus de 2 points entre 2003 et 2010, conséquence de la hausse chronique des loyers commerciaux en centre-ville et de l'envolée des coûts de transport.
  (notre actualitté)

Au cours de ces rencontres, le ministre de la Culture, Frédéric avait aussi rappelé que « quels que soient leurs avantages et leur commodité, les sites de vente en ligne ne permettront jamais aussi efficacement à la création nouvelle de rencontrer son public que ne le font les hommes et les femmes qui, chaque jour, dialoguent avec les lecteurs dans les librairies, jusqu'à se reconnaître dans la belle expression de "passeurs de livres" ». (notre actualitté)