Entre 2007 et 2016, la librairie a perdu 7 points de part de marché

Antoine Oury - 24.06.2017

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En attendant les Rencontres nationales de la librairie, l'institut d'études de marché GfK fournit quelques chiffres sur la situation de la librairie. Si les librairies conservent la première place en termes de lieux d'achat de livres, leur part de marché a diminué de 7 points entre 2007 et 2016, pour passer de 47 % à 40 %.

 
Librairie Decitre à So Ouest
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

L'institut GfK s'est penché sur les 10 dernières années, ou presque, pour rendre compte de l'évolution de la situation de la librairie dans un contexte, rappelle GfK, de dématérialisation des oeuvres. La valeur du marché des biens culturels s'est dégradé, souligne l'institut, « passant de 8,9 milliards d’euros en 2004 à 7,8 milliards en 2016 avec un recul des supports physiques au profit des supports dématérialisés ». Au total, la valeur du marché a baissé de 15 %.

Deux motifs de réjouissances, à ce titre : d'abord, le livre est moins touché par cette transition, par rapport à la musique ou à la vidéo. Ensuite, le marché, qui avait atteint une valeur de 7,5 milliards € en 2015, a depuis connu une légère remontée, pour s'arrêter à 7,8 milliards € en 2016.

Sur ce chiffre, le dématérialisé représente désormais un peu plus d'un quart de la valeur, à 26 %, contre 18 % en 2014. Cela dit, le dématérialisé ne représente toujours que 3 % des ventes de livres en 2016, note GfK, même si les chiffres de l'autopublication ne sont pas pris en compte, comme d'habitude.
Sur le seul marché du livre, le numérique a malgré tout le vent en poupe révèle GfK : entre 2015 et 2016, aussi bien en valeur qu'en volume, il bénéficie d'une hausse, contrairement au livre imprimé.
 


« En 2016, l’occasion a représenté 13 % des volumes totaux du marché du livre, en légère croissance par rapport à 2015. Comme pour le livre numérique, le poids de l’occasion varie en fonction des segments de marché : de 4 % pour le parascolaire jusqu’à 22 % pour la littérature générale en passant par 9 % pour le pratique », note par ailleurs GfK.

Le nombre de références vendues a augmenté entre 2007 et 2016, passant de 485.824 à 722.500 références vendues, « tout particulièrement celles dont les ventes sont inférieures à 50 exemplaires par an, passées de 267 000 à 479 000 références (+79 %) entre 2007 et 2016 », note GfK. Plus de bibliodiversité, a priori.

523.791 références sont vendues en librairies en 2016, contre 352.825 en 2007, mais on note une légère érosion depuis 2015. Le marché du livre, de manière générale, a tendance à se polariser autour de la littérature générale, de la jeunesse et de la bande dessinée, note GfK, au détriment des sciences humaines, de l’Histoire, des beaux-arts ou encore des dictionnaires.

Librairies, grandes surfaces culturelles et grandes surfaces alimentaires structurent toujours le marché du livre physique : 46,5 % de la distribution physique hors ecommerce sont assumés par la librairie, 33 % par les grandes surfaces spécialisées et 20,5 % par les grandes surfaces alimentaires.

Au niveau des tendances, la librairie est clairement en baisse, comme les grandes surfaces alimentaires, tandis que les grandes surfaces spécialisées bénéficient d'une légère hausse grâce à une augmentation du nombre de magasins.


Festival, salons, foires : la librairie existe aussi hors les murs


Ecommerce inclus, la librairie a perdu 7 points de part de marché entre 2007 et 2016, et représente désormais 40 % du marché du livre, contre 47 % en 2007.