Entre charbon et perles, un ouvrage accusé de racisme

Clément Solym - 21.08.2012

Edition - International - couverture - raciste - polémique


Pas question de plaisanter avec le racisme aux États-Unis. Surtout quand c'est au travers d'un livre, promu dans le magazine de fantasy, Weird. Lecteurs, critiques et auteurs s'en sont pris avec virulence à la couverture du livre de Victoria Foyt, auteure indépendante du livre Revealing Eden. En cause ? Un visage de femme, face mi-blanche, mi-noire. 

 

Tout cela prête à sourire ; pourtant, le roman a fait l'objet de multiples attaques sur le net. Les internautes y voient un préjugé raciste latent, exacerbant, par ce jeu de contraste, la suprématie blanche. Or, dans le livre, deux humanités cohabitent, au sein d'une étrange uchronie.

 

Les uns, Coals, ou ‘charbon', en anglais, ont la peau noire et résistent aux rayonnements solaires puissants. Les autres, Pearls, pour ‘perles', y sont particulièrement sensibles. Et c'est l'histoire d'amour entre deux enfants de l'une et l'autre variété qui va faire basculer le monde.

 

Ce contraste entre charbon et perle, tant dans les matières que dans l'opposition qui règne entre les peuples, au sein du livre, tout concourrait à provoquer l'ire de quelques bien-pensants un chouia beni-oui-oui. 

 

Anciennement publiée chez HarperCollins, mais devenue indépendante, Foyt a bien tenté de riposter, sur son blog, sur Facebook, mais le mal était fait. Même Marvin Kaye, éditorialiste de Weird Tales avait pris la plume pour défendre « un ouvrage pas du tout raciste ».

 

Mais la traînée de poudre a pris feu, et entre temps, Weird Tales a supprimé le message de son rédacteur en chef, et présenté des excuses. 

 

Parce qu'une vidéo accompagne l'ensemble, et qu'elle semble conforter l'idée que le roman pourrait être raciste... Si Foyt tente bien, précise le Guardian, de faire de son livre un plaidoyer pour la tolérance manifestement, ce coup est un peu rude pour assurer la bonne véhiculation dudit message...

 

 

On se souviendra qu'en décembre 2009, lAmérique avait une fois encore tremblé, après que le journal professionnel, Publishers Weekly, avait utilisé une couverture présentant une jeune femme métisse, pour illustrer la couverture de leur numéro. (voir notre actualitté)