Entre l'industrie de l'édition et X-Factor, quelles différences ?

Clément Solym - 12.11.2009

Edition - Société - industrie - édition - XFactor


X-Factor nous a envahis : on n'avait pas assez des Star Académie et autres Nouvelle Star pour créer des vocations, voilà qu'une nouvelle émission importée d'anglophonie a mis les pieds chez nous. D'ailleurs, si vous souhaitez tout savoir, Cécile a été éliminée. Mince, la pauvre.

Pourtant, cet univers n'est pas si éloigné du nôtre explique Andrew Crofts dans un excellent billet. Qu'il nous soit permis de développer...


De ces dizaines de milliers de personnes qui attendent pour l'audition liminaire, à celles qui envoient leur manuscrit pâr la poste, de ces quelques secondes, ou minutes, consacrées à chaque écoute aux lectures en diagonale des trois premières pages... vous voyez où l'on peut en venir ? Car la grande majorité sera renvoyée chez elle avec leur petit brin de talent (cette envie de faire quelque chose comme disait Brel), de même que votre manuscrit pourra vous être retourné sur demande (et parfois même aux frais de l'éditeur...).

La différence serait que l'on ne choisit pas encore les auteurs en votant par SMS, histoire de faire gagner de l'argent à la chaîne qui propose l'émission. Mais dans l'ensemble, ceux qui sont éliminés, d'un côté comme de l'autre repartent avec leurs rêves et leur colère, certaines même en font un blog. En outre, dans l'édition, si l'on est sélectionné, encore faut-il que l'on devienne celui ou celle qui se distingue de tous, parce que le manuscrit plaît. C'est peut-être de cette manière que l'on rejoint de nouveau X-Factor : on remplace le SMS et les prestations devant le public par la communication (inique, puisque dépendante en partie des capacités financières à assurer la promotion) et les mises en avant chez un libraire.

Finalement, la seule différence, c'est que dans X-Factor, le vainqueur de l'an passé ne peut pas revenir. Alors que dans l'édition, les mêmes grands noms peuvent revenir avec les hirondelles... Pourtant, quelque chose gênera le puriste consciencieux : si l'industrie des X-Factor et consorts ne laisse pas vraiment l'édition pénétrer son univers, l'inverse est tragiquement vrai. Et cela donne des Jordan qui publient des livres dont les libraires ne veulent même plus...

Et l'avalanche peut ne jamais s'arrêter : les peoples publient bien plus facilement que le jeune auteur. Cette célébrité, moteur de l'industrie, comporte cependant des ratés - fort heureusement. Le dernier en date, mais nous sortons du cadre X-Factor, c'est Marc-Olivier Faugiel et son flop colossal...

Alors, ce parallèle ? On retiendrait avec Andrews un message d'espoir : la persévérance paye... mais est-ce bien si évident ? D'ailleurs, la Nouvelle star version édition a débarqué en Angleterre...