Entre livres et roses, la librairie en fête, pour un jour...

Clément Solym - 28.04.2012

Edition - Librairies - librairie indépendante - fête - rose


Voilà 14 ans que la Fête de la Librairie (Un livre, Une rose)  est célébrée par les librairies indépendantes en France. Elle se déroulera cette année lors de la Journée Mondiale du livre et du droit d'auteur, le samedi 28 avril 2012.

 

L'association Verbe publie cette année Une saison en librairie. L'association, à l'origine de l'évènement en France, avait déjà publié des ouvrages dans ce contexte : trois Lettres ouvertes aux lecteurs qui aspirent encore à la liberté, un Guide insolite de la Librairie avec libraire, un numéro hors-série de la revue XXI et Adrienne Monnier, libraire éternelle.

 

 

 

L'association était à l'origine de la publication en 2011 d'Éloge des cent papiers, hommage à la culture et à l'histoire du Livre à travers un corpus de cent mots du métier (voir notre actualitté). Dans un communiqué, elle précise quelles intentions sous-tendent l'initiative.

 « Réinterprétant librement et depuis treize ans la tradition catalane de la Sant Jordi, les libraires offrent ce jour-là à leurs clients une rose et un livre transmettant ainsi toutes les valeurs de leur métier, aujourd'hui souvent attaquées. Dans chaque ville, pour chaque lecteur, chacun invente selon son point de vente, son savoir-faire, ses goûts culturels, des actions qui donnent à la Librairie sur tout le territoire français ou belge, une visibilité et une unité militante. » 

Une saison en librairie, pour la sauvegarde d'une présence essentielle

 

L'association Verbe entend remettre le rôle des libraires au coeur du débat. A travers Une saison en librairie, il sera question de rappeler le sens de la relation entre un lecteur et son libraire.

« Nous désirons, à travers lui, vous dire encore que le lieu de la librairie est unique dans les villes pour vivifier, contenir et vous faire parvenir la profusion de la création littéraire. Pourquoi nous différencions-nous de la vente en ligne ? Parce que les ouvrages que nous mettons à votre disposition, et que nous choisissons de garder dans notre fonds, ne sont pas là seulement pour décorer ou répondre efficacement aux seules lois de l'offre et de la demande… Leur présence a un sens et pas qu'un seul.

Devant l'infini vertigineux et atone des sites de vente en ligne qui vous offrent tout et démultiplient performances et services, nous assumons encore fièrement une idée lente et artisanale de notre métier. Pour nous, le cerveau d'un lecteur n'est pas une oie qu'on gave : nous ne voulons pas massifier la lecture et la création en vous faisant surfer sur une mare indifférenciée. » 

Contre le marketing culturel

 

L'association appelle donc les lecteurs, à travers ce livre à se dresser contre une dénaturation de l'offre, et estime « urgent » de remettre l'auteur au coeur des maison d'édition et des projets.

« Mais ces lieux qui vous sont si familiers et les valeurs qui y sont défendues connaissent aujourd'hui de terribles turbulences. Sans jouer les Cassandre, nous aimerions vous faire entendre l'actualité de ce malaise qui règne dans la chaîne du livre.

Nous partons de ce constat : si de nombreux lecteurs désertent, si certaines librairies périclitent, si certains catalogues de l'édition de création souffrent, cela est bien sûr dû à de nombreux facteurs. Mais ce qui nous préoccupe le plus, c'est que l'idée même de littérature a été dénaturée par le marketing culturel et le déferlement de ses produits. Ceux-ci ont tellement envahi tous les espaces qu'ils ont fini par épuiser ceux-là même qui les consommaient et par ensevelir les écrivains.

Ne se débarrasse-t-on pas trop souvent de l'art, aujourd'hui, dans ce qu'il a de difficile et de non identifiable par le marché ? » 

Verbes propose par ailleurs dans ce communiqué douze titres, douze ouvrages, qui « constituent les murs porteurs » de la librairie. Parmi eux, En attendant Godot de Samuel Beckett, L'écume des jours de Boris Vian, Les Fleurs du mal, de Charles Baudelaire, Madame Bovary de Gustave Flaubert ou encore Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline... une sélection d'ouvrages qui « ouvrent des manques » et font partie de fonds baptismaux de la librairie. Toujours disponibles, il s'agit de douze oeuvre fondatrices qui « jamais ne tariront ».


Retrouvez tous ces ouvrages dans notre librairie en ligne


Une date-clé historique

 

Au Moyen-Âge, la Sant Jordi faisait l'objet de joutes chevaleresques en Catalogne durant lesquelles on offrait des roses aux dames.

Le 23 avril, jour de la Sant Jordi, a été désigné en 1926 Jour du Livre par la Chambre des Libraires de Barcelone. Cette date est également la date anniversaire de la mort de Cervantes et de Shakespeare, disparus le même jour de l'année 1616. Il y a à peine quelques années, le 15 novembre 1995, l'UNESCO proclamait le 23 avril Jour du Livre et du droit d'auteur, contribuant ainsi à la promotion de la lecture, de l'industrie éditoriale et de la protection de la liberté intellectuelle.

Cette journée est célébrée aujourd'hui dans 80 pays. En France, la Librairie indépendante s'est approprié cet espace pour en faire une journée créative et militante, la Fête de la Librairie par les
libraires indépendants / Un livre, une rose.

 

Plus de 500 libraires participent à cette manifestation en France. Rendez-vous le 28 avril 2012!

 

TVA, mon désamour

 

Reste que la situation s'est légèrement complexifiée dans le pays, depuis la décision du gouvernement de passer la TVA de 5,5 % à 7 %. Dans le principe, la hausse des prix pratiquée par les éditeurs suffirait à peine à couvrir la hausse de la TVA, estime le Syndicat de la librairie française. « Cela signifie que les nouveaux prix des livres ne tiennent pas compte, dans la plupart des cas, de l'inflation qui va pourtant affecter les charges des libraires. Cette baisse relative du prix des livres est constante depuis plus de dix ans. Si le fait que la France soit l'un des pays d'Europe et du monde où les prix des livres sont les moins élevés peut constituer un motif global de satisfaction, cela contribue néanmoins de manière préoccupante à la baisse des marges des libraires et à l'accroissement de leurs difficultés économiques ». (voir notre actualitté)