Entre Raul et Fidel, rien ne va changer à Cuba

Clément Solym - 20.02.2008

Edition - Société - Cuba - Valdès - Castro


Dans quatre jours, la Feria International del Libro de la Habana s'achèvera. Et entre temps, un très sérieux changement politique s'est opéré sur l'île. Du moins, on a tourné une page de l'histoire, puisque Fidel Castro s'est effacé, au profit de son frère Raul.

Les médias du monde entier s'appliquent à commenter ce qui pour certains se présente déjà comme un non-événement, tandis que l'écrivaine Zoé Valdès, depuis longtemps opposée au régime s'est exprimé dans El Mundo.

Rien ne changera, redoutent les écrivains

Contrairement à ce qu'espérait Anton Arrufat, dans son discours face à Raul Castro, elle considère que le « raulisme, qui ne diffère en rien du castrisme » n'apportera rien de nouveau au pays, en dépit de l'attention plus grande portée aux jeunes. Et d'enfoncer le clou du cercueil, en ajoutant : « N'oublions pas que Raul est semblable à son frère ou même pire. »

Le poète Raul Rivero s'est également prononcé aujourd'hui dans les colonnes du même magazine. « Tout sera pareil », déplore-t-il. Et le retrait de Fidel de la présidence « ne signifie pas qu'il cessera de contrôler la vie et la mort des hommes et des femmes de ce pays ».

Il déplore la mainmise perpétuelle et la gouvernance dans l'ombre : « Tant que Fidel aura une once de lucidité, personne de pourra prendre une décision ou signer un décret ». Emprisonné en 2003, condamné à 20 ans de prison « pour avoir réalisé des activités subversives visant à porter atteinte à l’intégrité territoriale de Cuba », avec 75 autres opposants, puis relâchés fin 2004, le poète réside aujourd'hui en Espagne.

Il est l'un des principaux dissidents cubains exilés, aujourd'hui. On lira le témoignage des prisons cubaines qu'il a décrites.