Entrée dans la Pléiade, en deux tomes, de Mario Vargas Llosa

Cécile Mazin - 06.01.2016

Edition - Les maisons - collection Pléiade - Mario Vargas Llosa - éditions Gallimard


Dans les carnets de cadeaux à faire prochainement, notons l’entrée, qui se fera en mars prochain, de l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa dans la prestigieuse collection Pléiade. Les éditions Gallimard ont annoncé que huit romans du prix Nobel de littérature, publiés entre 1963 et 2006, sortiront dans un coffret double, ce 24 mars, quelques jours avant son 80e anniversaire.

 

El Premio Nobel de Literatura, Mario Vargas Llosa, en rueda de prensa a su llegada a España junto al rector de la Universidad de Las Palmas de Gran Canaria en el aereopuerto de Gran Canria.

Mykel, CC BY SA 2.0

 

 

Les huit ouvrages ont été choisis par Vargas Llosa en personnage, et il y adjoindra un avant-propos signée de sa main sur l’art de la narration. Un hommage pour l’homme, qui comptera parmi les rares auteurs à figurer dans cette collection de son vivant. Il fut traduit et publié pour la première fois chez Gallimard en 1966, avec le roman La ville et les chiens (trad. Bernard Lesfargues). 

 

Voici un extrait de l’Avant-propos de l’auteur, inédit et traduit par Anne-Marie Casès : 

 

« Fraîchement arrivé à Paris, en août 1959, j’ai acheté Madame Bovary à la librairie La Joie de Lire, de François Maspero, rue Saint-Séverin, et ce roman, que j’ai lu en état de transe, a révolutionné ma vision de la littérature. J’y ai découvert que le « réalisme » n’était pas incompatible avec la rigueur esthétique la plus stricte ni avec l’ambition narrative et les principes élémentaires du roman selon lesquels le narrateur n’était jamais l’ « auteur », mais un personnage créé, qui n’existait qu’à l’intérieur de l’histoire qu’il racontait et que le temps qu’elle durait.

 

Le temps d’un roman, ai-je encore appris, est une création aussi factice que les personnages et l’histoire et, si le talent créateur n’est pas inné, un écrivain peut l’acquérir à force de persévérance, d’autocritique et de travail. »

 

Deux volumes, pour un grand anniversaire

 

Dans le premier volume, on retrouvera ce roman, ainsi que La maison verte (qui sera accompagné d’un essai Les secrets du roman), Conversation dans la cathédrale et La tante Julia et le scribouillard. Dans le tome 2, La Guerre de la fin du monde, La Fête au bouc, Le paradis, un peu plus loin et Tours et détours de la vilaine fille. Il contiendra également une chronologie biographique sur l’écrivain.

 

La préparation de cette publication s’est opérée sous la direction de Stéphane Michaud, universitaire spécialiste de l'auteur, avec l’aide d’Albert Bensoussan, Anne-Marie Cases, Anne Picard et Ina Salazar, qui ont œuvré à la révision des traductions et l’établissement de l’appareil critique. 

 

Dans un discours prononcé en mars 2005, où le romancier reçut le titre de docteur Honoris Causa, Stéphane Michaud déclarait : « Mais c’est d’abord dans votre œuvre que le lecteur aime la littérature. Le démiurge sous les traits duquel vous présentez le romancier, rival de Dieu par sa création, c’est d’abord vous.

 

C’est notre monde que vous peignez dans son foisonnement, avec ses héros et son humanité ordinaire — prophètes et brigands, policiers et prostituées, chacun ayant ici son nom qui le rend irremplaçable, le sergent Lituma ou don Rigoberto, sans oublier bien sûr la figure de l’écrivain, tapie au cœur de l’œuvre et qui est souvent un double ou une facette de vous-même. »

 

A ce jour, La Pléiade compte plus de 800 volumes, classiques de la littérature française et étrangère, et seuls 16 auteurs encore vivants s’y sont vu intégrer. Jean d’Ormesson en fait partie