Entrepôts bondés : Amazon réduit les achats de livres, panique des éditeurs

Nicolas Gary - 12.11.2019

Edition - Economie - éditeurs indépendants - Amazon commandes livres - danger ventes éditeurs


Le cybermarchand le plus haï de la planète par ses fournisseurs met une fois de plus la pression sur l’industrie du livre. Plusieurs remontées d’éditeurs indépendants font état de diminution des commandes par l’entreprise. Une situation qui inquiète les opérateurs américains, alors que la saison des fêtes approche…
 


pixabay licence


Un problème de stockage. Voilà l’explication apportée par Amazon pour justifier la réduction des commandes auprès de plusieurs éditeurs indépendants aux États-Unis. Aucune donnée précise n’est véritablement accessible, mais un commentaire résume bien la situation : « C’est un cauchemar. »

La gestion des stocks par Amazon n’a rien d’un nouveau sujet : l’ouverture régulière de nouveaux entrepôts doit bien découler d’une nécessité d’accumulation de plus en plus grande. Cependant, il reste moins volumineux d’emmagasiner quelques centaines de livres que deux machines à laver. Soit.
 
D’ailleurs, au cours de l’été 2018, dans la perspective de la traditionnelle journée Prime Day, proposant de nombreuses réductions, Amazon avait déjà accusé le coup. Pour résoudre les problèmes rencontrés par les centres de distribution, en matière de capacité et de gestion des volumes, les commandes avaient également été réduites.
 

Ce ne sont pas les droïdes que vous cherchez


Pour l’heure, la firme botte en touche avec une langue en bois mort : un porte-parole explique que les équipes et l’entreprise évaluent en permanence les attentes des clients et tentent de répondre au mieux à leurs demandes d’achats. Autrement dit, tout serait sous contrôle.

Sauf que les indépendants commencent à vivre une réelle asphyxie : « Nous n’avons pas atteint nos chiffres d’octobre et novembre démarre lentement », assure le PDG d’un groupe indépendant. « Il est difficile de voir comment nous pourrons rattraper notre retard au cours des six prochaines semaines. »

De fait, les éditeurs ont eu la puce à l’oreille en constatant que les commandes passées par Amazon ne respectaient pas les volumes habituels. En l’espace de deux semaines, certains évoquent une diminution de 75 % en regard de l’année passée.

Seule lueur d’espoir dans ce marasme : l’idée qu’Amazon puisse se retrouver en rupture de stock et que les clients se rabattent alors sur d’autres offres en ligne. On pointe ainsi Barnes & Noble, chaîne de librairies à l’agonie, ou plus probablement Walmart, qui a beaucoup investi pour développer ses activités sur la toile. 

L’autre conséquence serait que les clients décident de ne plus acheter les ouvrages en question — bien plus déprimant encore pour les indépendants. À moins que tout cela ne dissimule un nouveau bras de fer que la société de jeff Bezos entamerait avec ses fournisseurs ?


via Publishers Weekly


Commentaires
A force de mordre la main qui vous nourrit, il fallait s'attendre à une réaction. Suis-je le seul à remarquer la dichotomie de cette attitude ?



Sérieusement, je serais très étonné qu'Amazon veuille punir spécifiquement l'édition indépendante.



Faire des économies logistiques en évitant de faire rentrer les produits qui suscitent les mouvements de stock les plus lents est un classique économique actuel du "flux tendu". Quand Amazon décide de réduire le nombre de paquets de lessive dans son stock, personne ne monte au créneaux pour défendre ce produit, il en est tout autrement lorsque cette stratégie est préjudiciable à un produit culturel au business-model déjà très fragile.



Cette politique est regrettable, mais logique pour un discounter aux marges intrinsèquement réduites. A force de tirer les coûts toujours plus bas en détruisant toujours plus de valeur, il est logique que les entreprises les plus fragiles finissent par disparaître et leurs produits d’exception avec.
"Cette politique est regrettable, mais logique pour un discounter aux marges intrinsèquement réduites."



Vous voulez nous tirer des larmes ou bien ? Amazon fait des bénéfices pharaoniques et vous trouvez le moyen de les plaindre.



Cette boite n'est qu'un ramassis d'escrocs sans foi ni loi qui, avec la bénédiction tacite des consommateurs, pressurisent sans cesse un peu plus les artisans (pas seulement dans le livre d'ailleurs).
Le pouvoir d'acheter c'est l'acheteur qui le détient (cf les dernières pages du dernier IRS... chacun sa culture!).

Allons donc chez les libraires acheter nos livres et les Amazon en tous genres y perdront leur pouvoir de vendre excessif.
Si les librairies ne mettaient pas certaines fois une semaine à nous obtenir un livre qu'ils n'ont pas mais que l'on veut acheter quand même chez eux, on serait moins tenté par Amazon.
C'est fou comme 1 semaine est devenue tellement longue depuis qu'Amazon existe. :(

Mon libraire n'a pas toujours tout et il met dans les3 jours à 1 semaine effectivement pour une commande. C'est cool, c'est pas si long une semaine pour conserver une librairie dans mon patelin.
A vous entendre on croirait que le libraire va lui même chercher le livre avec sa camionnette et qu'il se plait à trainer en chemin.
En lisant certains commentaires, je ne peux que recommander le dernier film de Ken Loach....
8 jours ou plus, se sont les délais incompressibles pour les librairies indépendantes. Pour certain distributeur ce peut être 48 heures mais pour la plupart c'est effectivement de 4 à 8 jours, voir plus sur le dernier trimestre de l'année. La distribution du livre est ainsi faite qu'en France tous les libraires sont dépendants de ces délais sauf exception quand il s'agit d'une urgence particulière. Les frais de port sont à notre charge et il est normal pour nous de regrouper les envois sur 8 jours ouvrables. Il en va de notre survie. Par ailleurs dans certains cas Amazon ne fait pas mieux que nous ! l'organisation de la distribution du livre ne dépend pas des libraires. C'est un réseau lourd et complexe ou circule des milliers de livres quotidiennement. Les aléas sont forcement fréquents.
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