Envers et contre tout, la BnF confirme Jouve pour numériser ses ouvrages

Clément Solym - 17.02.2012

Edition - Bibliothèques - Numérisation - BnF - Jouve


Exclusif ActuaLitté : Le soufflé qu'est en train de devenir « l'affaire Jouve – BnF » n'est pas prêt de retomber.  Le syndicat FSU vient en effet de confier plusieurs éléments à ActuaLitté. Ainsi, malgré les problèmes répétés qu'occasionne la numérisation de ses ouvrages électroniques, la BnF poursuivra son partenariat avec Jouve.

 

Originellement, la société Jouve devait numériser 70.000 titres chaque année, sur trois ans (plus une année conditionnelle). Or, il s'avère que le résultat laisse à désirer non seulement qualitativement que quantitativement. La FSU a pu constater que certains livres reviennent détériorés, et enregistre à ce jour un retard de près de 2 millions de pages.

 

La FSU avait déjà dénoncé ce travail et aujourd'hui ne s'explique pas la poursuite du contrat. « Aujourd'hui, un prestataire incapable de se conformer aux termes du marché pour lequel il s'est porté candidat a réussi à faire plier le donneur d'ordre » ajoute le syndicat dans le communiqué.

 

Parce que la FSU considère que c'est Jouve qui dicte ses conditions. Selon le syndicat, les nouvelles dispositions comprennent notamment une baisse volumétrique importante, « entre 45 % et 50 % des livres envoyés reviennent sans être numérisés » indique la FSU. En conséquence, à partir de maintenant seuls les «ouvrages pouvant être traités sur des scanners à plat doivent lui être envoyés ».

 

 

De plus, le galop d'essai accordé à Jouve est prolongé de deux mois. Cela commence à faire beaucoup pour le syndicat, pour qui « tout est fait pour que le marché se poursuive, coûte que coûte, quitte à céder à toutes les exigences du prestataire ».

 

Autre questionnement de la FSU, quelles sont les priorités de la BnF ? À peine dévoilée par Actualitté, la mauvaise qualité du travail de Jouve avait entraîné une véritable chasse à la taupe à l'intérieur de l'organisme, au lieu de répondre aux problèmes soulevés. Parce qu'à l'époque, rappelle le syndicat, le directeur de l'établissement avait immédiatement confié au Directeur des Collections une enquête pour démasquer la source.

 

Contactés par Actualitté, la BnF et Jouve n'étaient pas disponibles pour commenter.