Équateur : des restaurateurs sauvent 33.500 ouvrages de la poussière

Maxim Simonienko - 05.06.2019

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Suite à un violent tremblement de terre survenu en Équateur, en 2016, la majorité des 33.500 ouvrages de la bibliothèque du couvent Santo Domingo ont été exposés et abîmés par des gravats issus des travaux de réparation. Des experts tentent aujourd'hui de dépoussiérer et conserver au mieux ces milliers de vieux livres, âgés pour certains de plusieurs centaines d'années.
 

Des restaurateurs de la bibliothèque Fray Ignacio de Quezadavia, à Quito (via TvCulturayPatrimonio Ecuador)
 


Dépoussiérer pour guérir et perdurer


Ramiro Endara, directeur de la Fondation Conservartecuador, et son équipe de restaurateurs retirent patiemment les couches de poussière qui recouvrent les pages des livres anciens dans la bibliothèque Fray Ignacio de Quezada, dans le quartier historique de Quito, la capitale du pays. Le nettoyage des œuvres se déroule dans une chambre spéciale pour aspirer les particules les plus fines.

« Nous prolongeons la durée de vie de ces biens documentaires d'au moins 40 ans, tant que les collections sont régulièrement entretenues », précise Endara à l'AFP.

Les restaurateurs ont relevé des exemplaires affectés par des champignons, qui requièrent une restauration particulière. D'autres, comme des livres de chœur du XVIIe siècle écrits sur des supports particuliers, comme des peaux d'animaux enluminées à l'or fin, exigent d'être mis à l'abri des changements de température afin de ne pas abîmer davantage le matériau.

Des restaurateurs de la bibliothèque Fray Ignacio de Quezadavia, à Quito (via TvCulturayPatrimonio Ecuador)

 

Des livres rares publiés à l'aube de l'imprimerie moderne


Parmi les œuvres posées sur les tables, on compte 26 incunables, c'est-à-dire des livres publiés entre 1450 et 1500, au début de l'ère de l'imprimerie moderne. Selon le directeur de la fondation, l'un d'eux aurait appartenu au frère Pedro Bedon, artiste de la célèbre école d'art colonial de Quito.

Une fois nettoyé, il sera mis à l'abri dans un coffre-fort et sera surveillé par les moines dominicains. « Nous avons fait des recherches et cette bibliothèque est celle qui compte le plus grand nombre d'incunables [du pays] et cela en fait la plus précieuse », a déclaré Ramiro Endara.

Cependant, le plus vieil incunable de la collection a été terminé en 1482 et édité à Venise. « Les Européens sont parvenus en Amérique dix ans plus tard. La ville de Quito, où ce livre reste conservé plus de 500 après, a été fondée en 1534 », rappelle le directeur de la Fondation Conservartecuador.

Jouissant d'une rareté similaire, il est également possible d'admirer sur un pupitre en bois le premier des sept tomes de la Bible polyglotte de Paris, datant de 1645. Le Pentateuque y est inscrit dans les variantes les plus anciennes de l'hébreu, du grec, de l'araméen, du latin et de l'arabe.

Selon le philologue José Maria Sanz, ces versions seraient « les plus proches des langues originelles », une aubaine pour l'étude des textes bibliques. Le couvent Santo Domingo, édifié en 1541, compte aussi une Bible polyglotte faite en Angleterre, où s'ajoutent deux autres langues : le persan et l'éthiopien.
 

Bien que le grand dépoussiérage soit financé par la Fondation Prince Claus des Pays-Bas, les restaurateurs doivent faire face à un manque de financement. La restauration d'un seul livre de chœur coûterait environ 30.000 $.




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